[Série] Doctor Who de R.T. Davis & S. Moffat

Où l'on parle projection d'images en mouvement.
Mlle Renard
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Re: Doctor Who

Message par Mlle Renard » 28 avril 2011, 07:28

Egon Merode a écrit :
Mlle Renard a écrit :Pour ma part, si j'écris deux lignes à la grenaille[...]
J'espère que tu n'as pas pris mes mots pour toi, car ce n'était vraiment pas le but et je te prie d'accepter mes excuses si c'était le cas. J'ai une propension à m'exprimer dans un langage imagé qui peut paraître condescendant mais c'est rarement avéré et je ne visais ni ne dénigrais personne.

Je ne l'ai pas pris pour moi ^^ Ca se voit tout de suite quand je le prends pour moi ^^ Je me permettais juste de digresser.

[spoiler]Est-elle vraiment enceinte en vérité ? Son premier malaise remonte à nos charmants amis, tout comme pour Song[/spoiler]
Siriane
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Re: Doctor Who

Message par Siriane » 28 avril 2011, 11:44

Bah toujours à propos de ce spoil, c'est vrai que je me suis demandé s'il n'y avait pas une confusion,
*spoiler*et si les malaises n'étaient pas plus en rapport avec les aliens mais je vois mal Amy annoncer ce genre de truc *re-spoiler* surtout dans ces circonstances "attention, voilà le climax de la fin de l'épisode!!" sans certitude. Sans compter *dernier spoil, promis*^^la si gentille remarque du Docteur sur le poids qu'elle a pris depuis qu'ils ne se sont pas vus^^
Après je ne demande de toute façon qu'à être enfin surprise sur ce thème, pour une fois, (je serais même ravie de m'être fait rouler dans la farine par les scénaristes^^) ce qui ne fait qu'ajouter à mon impatience...
Et maintenant j'arrête de faire des paragraphes avec des trous partout, parce que c'est quand même pas très sympa pour ceux qui ne l'ont pas encore vu et puis c'est très très moche. (Oui j'avais qu'à pas commencer, désolée... mais ça me tracassait)
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Re: Doctor Who

Message par Merle » 02 mai 2011, 05:36

Sans faire de trou blanc partout, donc sans dévoiler quoi que ce soit de trop compromettant, petit compte-rendu vite fait de Day Of The Moon, deuxième épisode de cette saison et suite directe de The Impossible Astronaut.

Ce n'est pas vrai, il se peut qu'il y ait quelques spoilers. Ceux qui ne veulent pas se faire spoiler les yeux, fermez-en au moins un.

Fait rare, nous avons droit à cette séance diapo peu avenante si caractéristique des séries américaines tirées d'alambics à scenar' sur sept générations, et dont on peut généralement se passer parce qu'à moins d'ouvrir les huîtres en révisant sa pratique du tchèque en même temps qu'on regarde une série, tout sera fait au sein de l'épisode pour que tout un chacun puisse recoller les morceaux en s'écriant "Mais c'est pas possible !" au moment où ce qui a été annoncé 187 épisodes et demi plus tôt trouve sa conclusion juste avant la pause pub et le soulagement de vessie idoine pour spectateur ne supportant que modérément la pression (l'intellectuelle, pas la fermentée).

D'un autre côté, on va en prendre plein les mirettes pendant 45 minutes, alors autant permettre aux neurones de respirer un bon coup avant de partir en sprints tachycardiaques le long de synapses en tension quasi constante.

On démarre donc à tombeau ouvert et déjà sur les chapeaux de roues (dans le sens où ça penche pas mal) avec un pré-générique brouillon, voire presque bâclé. On sent l'envie chez Moffat de taper fort en taillant à la serpe dans un synopsis original bourré d'idées et au final, on se retrouve avec des bouts d'histoires que l'épisode précédent nous avait refilés sans savoir quoi en faire. La suite est un peu plus fluide, mais là encore, c'est un paquet de nouvelles questions (ça aurait été étonnant) et de nombreuses répétitions de tics scénaristiques qu'on peut trouver dommage dès lors qu'on s'est fait une raison : Moffat a décidé de jouer à fond la carte de la manipulation de mémoire des personnages. Et donc, pour conserver une longueur d'avance sur le spectateur, on ne lui montrera pas ce que les personnages ont pu oublier. Vous avez dit frustrant ? Surtout que, pensez bien, de nombreux événements resteront totalement ignorés s'ils n'ont pas une incidence directe sur la trame de l'épisode. Dans le genre faux-semblants, on comprend vite qu'il faut s'attendre à des magouilles de réalité lorsque tout devra être dénoué d'ici la fin de (mi-)saison.

Dès lors, ayant choisi la direction à prendre, l'épisode reprend un rythme et un schéma assez classiques. Il y a un problème, on tape dans ce sens, ça ne fonctionne pas comme prévu et crée d'autres problèmes, le Docteur alterne entre cabotinage et coups de théâtre jusqu'à ce que tout le monde décide que c'en est fini de jouer et zou, on rentre dans le Tardis après la défaite des gros méchants.

La bobine d'histoire dont on déroule les morceaux les plus consistants est celle de River Song, ou plus précisément de sa relation avec le Docteur. C'est même un peu trop appuyé dans le genre "je dis ma phrase de l'épisode au débotté de façon générique", puis je la répète dans son contexte méli-mélodramatique juste à la fin avec une prophétie semblable à celle de Donna, mais dont on connaît la fin, pas le début. Il faut bien ça, après tout. C'est un faux suspense qui dure depuis la saison 4, tout de même.
Quand River fait la toupie, par contre, on n'y croit pas trop...

Les problèmes d'Amy (oui / non / hein ? / quand ça ? / bé pourquoi ?) vont constituer, comme dans la saison précédente, l'ultime mystère de cet arc de narration. Sachant que nous avons vraiment deux mi-saisons, espérons que ça soit expliqué ou magnifié au dernier épisode avant la pause.

Canton Delaware et le Président jouent leur part comme il faut, même si les apparitions du second confinent au ridicule à force d'y aller du clin d'œil historique, surtout à la toute fin.

Le deus ex machina est peut-être un peu trop facile, ce qui est suggéré par l'astronaute pour l'avenir est assez génial, autant le contenu que le contenant, la dernière image, quoiqu'attendue est jubilatoire.

Quant à Rory, je ne pense pas voir dans ses scènes une redite de la saison passée, mais plutôt une réaffirmation du caractère du personnage, du gars prêt à tout sacrifier, à attendre 2000 ans (plus vieux que le Docteur!), sans jamais être véritablement certain de ce qu'il aura en retour. Alors qu'il l'a déjà.

Au final, on a un épisode certes prenant, mais qui n'aurait pas souffert d'un quart d'heure supplémentaire, voire un épisode entier pour laisser respirer. Le pré-générique ou ce qui se passe avant avaient largement la place pour y poser une intrigue et donner plus d'intérêt aux marques. Et la fin approchant avec des gros sabots cloutés qui expédient tout en un tour de bras à 360°, l'œil et l'oreille se remettent en position d'arrêt pour tenter de décrypter les nombreux effets d'annonce des uns et des autres. Ça peut être un jeu pour certains, mais appesantir les autres.

Et zou, le Docteur balaye tout ça en décidant que non, ça suffit les conneries, on ne va pas chercher les réponses manquantes à ce qui vient d'arriver, retour aux petites aventures avec changement de décor conséquent. Avec un peu plus de temps, ça aurait certainement été mieux amené.

Dernier point, complètement obscur pour moi, même si ce n'est pas un appel aux explications (je m'en fiche pas mal, à vrai dire) : En 1969, sans être conscients de ce qu'ils ont sur la gueule, les Américains ont des briques en alliage ultra neutre d'étoile naine ? Je ne réserve en général cet acronyme que pour Facebook, l'irc ou le sms, mais WTF ? C'est justifié, là. Si, si.

On se quitte avec la vidéo amorçant l'épisode suivant : The Curse of the Black Spot, un épisode Biactol© chez les pirates. Ce n'est pas une bande-annonce, mais bien une autre préquelle comme on dit, même si je préfère le terme exorde.

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Message par Merle » 08 mai 2011, 16:43

Retour sur l'épisode The Curse of the Black Spot, soit la malédiction du point noir. Ce qui n'est pas sans double sens vu sa teneur.

Nous sommes au XVIIe siècle si je me souviens bien, à bord d'un navire pirate immobile sur une mer trop bonace. Pas de vent, pas de courant, mais une menace en la personne d'une sirène qui marque d'un point noir, puis enlève chaque membre de l'équipage dès l'instant où il est blessé.
Forcément, quand le trio "débarque" à bord, c'est le début de la fin des haricots.

C'est un épisode de pirates. Et qui dit pirates + Dr. Who dit grosse déconne. En vérité, il faut avouer que si c'est l'épisode préféré des acteurs principaux, pour le spectateur, c'est un peu le malaise digestif.

La barre était très, trop haute dans le double épisode de reprise. Là, on a du Dr. Who qui n'est pas tout à fait du Dr. Who. Ça tient peut-être à l'environnement. Comment voulez-vous faire courir et gesticuler en tous sens un Docteur, surtout incarné par Matt Smith, alors que de la poupe à la proue, le pont ne doit pas dépasser les 15-20m ? Il y a bien la série de cabines et de coursives, mais une fois que la seconde porte est fermée, on se retrouve toujours contre la coque.
Pour rester au niveau des décors, par nécessité bien évidente de budget, l'action se passe de nuit. Dès lors, la mer si calme et le brouillard empêchent de voir à 20m ne font que renforcer l'aspect studio. Et les rares plans d'ensemble sont bien... numérisés.

L'intrigue est elle aussi cousue de fil blanc. On a une impression de déjà-vu quand le mystère (pas très épais) est révélé. Mais je ne dirai pas à quel épisode ça fait référence, histoire de garder un semblant de suspense.

Comme le dit Amy “What kind of rubbish pirates are you?” (“Vous êtes des pirates de pacotille ou quoi ?”). Le galurin ne fait pas le pirate et pourtant, ils n'ont que ça. Plus le sempiternel coup de la planche que n'utilisent que les pirates télévisés et les plongeurs artistiques.

Les interventions de la sirène jouée par Lily Cole (que certains reconnaîtront de l'Imaginarium du Dr. Parnassus) se font de plus en plus monotones au fur et à mesure de l'épisode, à l'instar de tout l'épisode qu'on aimerait voguant dans des eaux plus troubles. Chaque petite montée de suspense avec sa résolution censée susciter la tension est aussi discrète qu'une Hollandaise faisant des claquettes en sabots.

Niveau dialogue non plus, il n'y a que très peu d'occasions de sourire. Le plat n'a pas vraiment de goût et manque d'épices.

Deux rappels superflus n'alimentent pas les intrigues et questions des épisodes précédents. Au contraire, ils ne font qu'exacerber l'impatience par deux plans à la "souvenez-vous de cette image qui vous a fait vous poser tant de questions, d'ailleurs la revoilà si vous l'aviez manquée".

Au final, avec un Docteur en sous-régime, une Amy qui porte la culotte comme d'habitude et un Rory dévolu au rôle de la midinette à sauver, on a l'impression de voir une mauvaise variation d'un des mauvais épisodes de la saison passée.

Mais, heureusement qu'il y a un mais.
Il ne faut pas oublier que c'est au départ une série pour les enfants. Et si les épisodes précédents étaient confus, alambiqués et assez effrayants, on vise ici clairement un public très jeune. Là au moins, les parents n'auront pas à se demander si leurs gosses feront des cauchemars. Enfin quoi, on est chez les pirates ! Rien qu'un cache-œil, ça leur suffit aux mômes, non ?

Comme dirait l'autre, sur une échelle de 1 à 20, je mettrais passable. Vivement l'épisode prochain, The Doctor's Wife écrit par Neil Gaiman.
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Message par Merle » 15 mai 2011, 06:26

Normalement, je pensais écrire la critique de cet épisode plus tard dans la journée, mais mieux vaut le faire avant d'aller dormir.

The Doctor's Wife, 4e épisode de cette 6e saison, écrit par Neil Gaiman.

Vu son ancienneté, les scénaristes de la série actuelle ont tous grandi avec Dr Who et quand on est un écrivain reconnu appelé pour un épisode, autant mettre le paquet. C'est en un sens ce qu'a fait Gaiman ici, puisque l'épisode sent à plein nez le fantasme de gamin. Non, rien de graveleux, rassurez-vous. C'est réellement du délire de gosse attardé, avec trois fois rien de malice.

On retrouve le Docteur au centre de l'histoire. Il revit, court à nouveau dans tous les sens, libre et heureux de gambader les cheveux et le menton au vent, il se gratte la tête et découvre des sensations inédites... Il n'est jamais autant lui-même que quand il est perturbé. Et là, dès le départ, il a de quoi faire sa tête perdue.

En recevant la boîte noire d'un autre TimeLord, l'équipée file à la rescousse. Mais problème, les TimeLords ne sont-ils pas censés avoir disparu de l'univers entier ? Dans ce cas, le signal ne peut provenir que... de l'extérieur de l'univers !

Ce n'est bien sûr qu'un prétexte, un faux suspense qui ne prétend rien d'autre si ce n'est amener le Docteur à collaborer avec une vieille connaissance. Un compagnon qui connaît le Docteur mieux que personne et qui pour le coup, va éclipser totalement Amy et Rory, jetés dans un Tardis labyrinthique.

Image
Source BBC.

Le personnage d'Idris joué par Suranne Jones est tout ce qu'il faut quand il le faut. Le duo temporaire avec le Docteur fonctionne presque aussi naturellement dans la comédie ou la tragédie que les meilleurs échanges Donna Noble-Dr Ten, la rythmique est bonne et la réécriture de la genèse du Dr vaut le détour.

On oublie presque le gros arc narratif du début vu que l'épisode n'en a absolument rien à faire pour vivre tout seul. Seul regret, l'insertion au poinçon au début et à la fin des éléments qui rattachent la série précisément dans cette saison. On se croirait dans une série américaine où on sépare nettement les scènes "épisode" et celles "arc de saison".

Dans la vidéo ci-dessous, Neil Gaiman parle d'une des scènes refusées du script original. Pas de traduction, mais si vous avez vu l'épisode, ça se comprend facilement (envoyez-moi un mp dans le pire des cas). Si vous n'avez pas vu l'épisode, ne regardez pas, ça peut trop en dévoiler et ce serait dommage.



Sans aller plus loin, c'est un très bon hommage que Gaiman sert à la série. On notera les clins d'œil aux vieilles séries du Docteur avec l'utilisation de décors directement récupérés dans les années 70-80 pour un épisode un peu spécial et magique, l'épisode où...



Non mais ça suffit les spoilers.
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Re: [Série] Doctor Who de R.T. Davis & S. Moffat

Message par Merle » 22 mai 2011, 23:05

Épisode 5 - The Rebel Flesh

Sur une île où un orage solaire menace, une équipe traite de l'acide. Comme c'est un travail dangereux, ils créent des clones à partir d'une substance baptisée "flesh" (chair) qu'ils contrôlent par la pensée. Ces clones sont appelés des gangers, pour les différencier des doppelgängers, les doubles maléfiques du folklore saxon. Bien entendu, tout dérape quand le Docteur et les Romy débarquent.


Avant de revenir se greffer à la trame principale de la saison, le Docteur et les Romy continuent donc leur fuite en avant Tardisiaque pour éviter d'affronter les véritables problèmes ou de répondre aux véritables questions, comme par exemple en vo : Is there a real fish in the pond? (Y a-t-il enfin un poisson dans ce bassin ? mais le jeu de mot avec Amy Pond n'est valable qu'en anglais.)

A la place, le Docteur joue l'esquive et préfère demander à ses acolytes s'ils veulent un fish & chips. L'épisode démarre dans un Tardis bordélique. On aperçoit des vêtements éparpillés un peu partout, rien n'est rangé et les Romy jouent aux fléchettes. Pour un peu, on se croirait au pub, sauf que le Docteur fait sa tête qu'il a quand, même si ses compagnons sont en face de lui, il sait que personne (à part le spectateur lambda, voire le bêta revenu en vitesse de la laverie et qui aurait besoin d'un rappel urgent des faits) n'y prêtera attention.

C'est donc parti pour un fish & chips, sauf que, c'est un classique, la boîte bleue n'atterrit pas au bon endroit / à la bonne époque / à l'endroit. Rayer les mentions inutiles. Et c'est là le principal défaut de cet épisode (double) : il sent beaucoup trop le réchauffé. La recette est un cliché de toute série fantastique et Doctor Who n'y fait pas exception :

Une équipe de scientifiques isolés du monde met en place les conditions qui, branchées sur un générateur d'événement extraordinaire, vont créer le fléau qui va les détruire. Heureusement [insérer nom du héros correspondant à la série] intervient fortuitement et en sauve quelques-uns pour la forme, de préférence ceux qui savent faire les yeux de chat.

A cela s'ajoute l'éternelle confrontation de deux camps que le Docteur voudrait naïvement garder en vie (les camps, pas la confrontation), par amour de la vie. Et personne ne partageant son opinion, le Docteur et ceux qui ont compris qui était à l'affiche de la série courent en criant qu'ils veulent vivre. Au moins, si on prend l'un des archétypes du genre dans Doctor Who, The Impossible Planet / The Satan's Pit (la Planète du Diable), le Docteur finit par botter Satan lui-même.

L'intérêt principal de cette première partie d'épisode double tient finalement dans les actions du Docteur. D'un côté, il doit sauver la situation, mais ça ne l'empêche pas de mener des expériences sans grand rapport avec le schmilblick. Plusieurs allusions font penser qu'il connaît les lieux et plus encore.

Pour compenser les errements du Docteur et l'effacement d'Amy reléguée au rôle de "tiens, une borgne dans un mur qui picorait...", c'est Rory qui fait plus ou moins avancer les choses. Et en cela, il n'est pas très doué, car la fin approchant, à moins de trouver son compte de frissons dans une bande de monstres qui ont l'air de n'avoir jamais appris à se moucher, ou à moins de comprendre toutes les auto-références des répliques humoristiques (vite, quand le Docteur s'est-il accroché à un clocher avant que ne tombe la foudre ?) ainsi que les idiomes spécifiques au nord du Royaume Uni (le jeu de mots avec ee by gum est par exemple incompréhensible, même pour de nombreux anglophones), on finit par trouver le temps long.

Le twist de fin n'en est pas un tellement il est attendu, mais il a au moins le mérite de faire espérer une seconde partie plus excitante. Ou même, fantasmons complètement, d'enfin faire avancer l'arc narratif de la saison qui n'en finit pas de tirer la même corde. En ce sens, ça fait vraiment, mais vraiment penser à The Hungry Earth / Cold Blood (La révolte des intra-terrestres) où l'évolution se faisait par la mort de Rory. [minispoil]Tiens, ça encore, ça devient un classique.[/minispoil]

Au final, on aurait presque préféré le fish & chips avec la bière et passer directement à la seconde partie de l'épisode, vu qu'il y aura forcément un rappel des faits.

Image
"Mouchoiiiiir !"
Source BBC
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Message par Merle » 29 mai 2011, 06:06

Épisode 6 - The Almost People.

Suite de The Rebel Flesh, l'épisode reprend où tout le monde s'était arrêté de courir pour voir comment Humains et Gangers vont réussir à se dépatouiller la gueule avec le Docteur et les Romy au milieu, ainsi que l'invité surprise apparu en twist de la semaine passée.

Si la première partie était un peu mollassonne et convenue, autant dans le fond que la forme (visqueuse), tout en restant classique, cet épisode a le mérite d'apporter son lot de bonnes trouvailles. Difficile de s'extirper d'un schéma mis en place si convenu, la trame n'est vraiment pas ce qu'il y a d'intéressant ici, ni la psychologie des personnages secondaires, dont les traits ne sont évidemment posés dans l'épisode précédent que pour trouver une utilité bien primaire ici. On n'a même pas de suspense à proprement parler dans la balance des forces. Dans la confrontation de chaque Humain avec son Ganger, on sait vite qui a tiré la courte paille pour survivre au générique.

En fin d'épisode, on retrouve un vieux nœud scénaristique qu'on avait oublié, croyant naïvement l'avoir éliminé à force de messages palpés-roulés lénifiants : la morale de fin, ou plutôt : le héros et ses seconds couteaux sauvent le monde et le monde montre qu'il a compris et qu'il va changer.

C'est une part peu présente dans Dr Who, principalement à cause du côté voyage dans le temps / on sauve les gens, mais on ne change pas (ou peu) les fondements de la société. Hélas, de temps en temps, ce poncif ressort, avec là une annonce de conférence de presse finale un peu inutile qu'on croirait sortie des meilleurs moments de l'histoire syndicale pour améliorer les conditions de travail des ouvriers. C'est clairement le parallèle réalité / gangers un peu facile.

En revanche, certains choix esthétiques et conceptuels sont assez sympathiques, l'invité surprise (même si cette idée est de l'ordre du largement rebattu) va par exemple permettre au Docteur d'avoir quelques trop rares scènes mémorables en tant que manipulateur sans scrupule et surtout, surtout, d'enfin changer la donne entre Amy et le Docteur, et de faire avancer ce satané arc narratif.

Quant à Rory, s'il a la part belle comme dans l'épisode précédent, il faut espérer que ce n'est pas comme pour The Hungry Earth / Cold Blood et que cet aspect "cœur" du groupe, un peu décoratif, n'est pas juste là pour être piétiné dans 2 épisodes.

Le rebondissement final, certes prévisible au vu de certains éléments est tout de même assez énorme. Il clôt une partie des questionnements en cours et renvoie le spectateur loin en arrière, dans un effort de flash back personnel assez intense pour retrouver les répliques et événements qui sont expliqués en un retournement de situation digne des meilleurs lancers de crêpes en championnat domestique.

Au final, un double épisode qui a trop de points communs avec The Hungry Earth / Cold Blood dans la forme, le fond et l'apparition de changements radicaux à la fin. Si l'intrigue avait été donnée en un seul épisode, ça n'aurait pas sacrifié grand chose à part la relation de Rory avec l'une des Gangers, parce que le reste de l'équipe fait trop tapisserie pour se rappeler les noms de chacun quand tombe le générique. Épisode indispensable, certes, qui aurait mérité un meilleur traitement, une meilleure histoire, surtout avec le dénouement à la Erin Brokovich.

Vivement la suite, A Good Man Goes to a War, qui a l'air démente et épique et qui a même droit à une préquelle. En même temps, c'est le dernier épisode de la mi-saison. Il lui fallait bien ça.

Note : Il est vivement recommandé de ne pas cliquer sur lecture si vous n'avez pas vu The Almost People.



Edit : Et devinez qui sera présent au Comic Con' le 30 juin ? Réponse .
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Message par Merle » 05 juin 2011, 16:19

Épisode 7 : A Good Man Goes To War.

Première chose à dire : le rappel des faits en début d'épisode nous donne un début de réponse (qu'on avait déjà deviné à condition de savoir additionner des patates et des courges) à une vieille question.

La révélation de l'enlèvement d'Amy dans l'épisode précédent force le Docteur et Rory à prendre des mesures radicales pour la retrouver, et à tirer la manche de vieilles connaissances qui sont toujours en dette avec l'occupant du TARDIS. Pendant ce temps, on apprend que tout ça a un but précis : piéger le Docteur. Pas original, mais une plus grande gageure qu'aller acheter du sucre.

Sous un titre trompeur – la guerre annoncée n'a pas vraiment lieu – l'épisode de fin de cette première partie de saison fait le bilan de toutes les cartes posées sur la table et qui n'ont pas encore été découvertes. Le fait est qu'on a déjà en main assez d'éléments pour deviner une partie du jeu et ça n'ira pas vraiment plus loin côté révélations.

Malgré tout, on en a pour notre argent dès le début. Rory, habillé en romain pour aucune raison si ce n'est insister sur son aspect guerrier (et ridicule), qui va en pré-générique tâter les miches des Cybermen est assez fendard. La suite prend un rythme assez consistant du fait d'une galerie de seconds couteaux ayant une dette envers le Docteur, même si, comme toujours dans ces cas-là, certains personnages n'ont pas l'exposition qu'on aurait pu espérer. Les autres s'en tirent avec les honneurs et tout l'humour ou l'émotion qui convient.

Le rythme s'accélère avec la touche guerrière et la présentation des nouveaux méchants / alliés, suivies du dénouement qui passe un peu vite, mais c'est pour laisser toute la place aux véritables enjeux de l'épisode. Comme souvent avec les épisodes critiques de Moffat, au lieu de prendre le temps de terminer classiquement un scenar dans les 5 dernières minutes, le but de la manœuvre est d'amener rapidement l'intrigue à un autre niveau, d'apporter de nouveaux mystères ou suspenses avant de dénouer les vieux nœuds.

Et donc, l'enjeu, c'est la gamine. Qui quoi quand comment pourquoi. On n'aura juste pas le pourquoi, mais c'est largement compensé par le Docteur parlant le langage des bébés – hé oui, il parle toutes les langues – et le don qu'il fait à l'enfant d'un objet très personnel.

Fait intéressant, comme c'est un jeu de dupes, pour rester au cœur de l'action et se faire bien manipuler, en première partie, on a avant tout le point de vue naïf, celui d'une jeune femme qui a connu le Docteur quand elle était gamine. On pense à plusieurs reprises "Oh mais et si c'était... ?" alors que non. L'idée est juste d'insister sur la vision que peuvent avoir divers peuples sur le Docteur, sur les sentiments qu'il inspire partout où il passe et la légende qu'on trace pour lui, notamment dans cette fameuse Gamma Forest qu'on attendra avec impatience.

Pour des raisons évidentes, River Song n'a qu'un rôle très limité, venant juste soulever des coins de tapis au début jusqu'au moment où ça suffit et que tout le monde hurle pour voir enfin toute la poussière cachée dessous. La surprise n'en est pas une, elle n'en reste pas moins amenée d'une manière whoesque, offrant à Matt Smith sa meilleure scène comique depuis longtemps.

Trois regrets :
L'épisode part un peu dans tous les sens, du fait encore une fois d'une trop grande ambition scénaristique et après un départ en fanfare, se perd en trop de dialogues explicatifs qui atténuent l'effervescence du pré-générique et montrent un Docteur qui manque clairement de perspicacité sur de nombreux plans.
On se demande comment certains personnages censés avoir une dette envers le Docteur ont pu se faire enrôler.
Pour du mystère mystérieux, on pourra repasser. L'épisode est très agréable à regarder, il met en perspective une autre vision du Docteur et montre de nouvelles motivations pour tous les personnages, mais tout ça aurait pu se passer 2 épisodes avant.


Bonus : Voir River en robe victorienne et passer quelques secondes dans Londres du XIXe pour en tirer deux demoiselles tranchantes.


Image
Quand le Docteur arrive, on affiche rarement son meilleur profil, surtout de face.
Source BBC

Note de dernière minute : Sous l'insouciance affichée, cette saison et ce qu'on découvre sur River apparaissent de plus en plus comme une tragédie, pour ces débuts qui sont une fin de part et d'autre.

Mais ça ne devrait pas être le cas du prochain épisode, à l'automne seulement, le 3 septembre, et intitulé Let's Kill Hitler. Youplaboum ! Pour patienter, certains pourront se rabattre sur la Torchwooderie de l'été.
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Re: [Série] Doctor Who de R.T. Davis & S. Moffat

Message par Merle » 21 juin 2011, 08:20

Petit retour sur l'épisode écrit par Gaiman avec ces travaux de David Bonneywell, alias Kaduflyer sur deviantart, qui montrent une vision de départ des personnages Uncle et Nephew (ce dernier étant finalement remplacé par un Ood) assez flippante.

Les deux personnages sont censés être des patchworks extra-terrestres et en prenant cette idée au pied de la lettre, ça donne ce qui suit. (clic sur les images pour les voir en grand)

Nephew____________ Uncle
Image Image

C'est également à David Bonneywell qu'on doit les terrifiants Silence, dont l'origine est expliquée en légende. C'est en anglais, mais assez compréhensible tout de même.

Et pour terminer sur une note plus joviale, un peu d'uchronie fantaisiste par Larry Wentzel en imaginant ce qu'aurait été le Docteur raconté par Schultz.

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Re: [Série] Doctor Who de R.T. Davis & S. Moffat

Message par Mlle Renard » 28 juin 2011, 20:47

Je viens -enfin- de boucler la saison. Comme je suis quelqu'un qui déteste absolument se voir gâcher la fin en découvrant par ses petits neurones comment ça va se passer, je ne cherche jamais à deviner la suite. (et comme ça je ne suis que très rarement vexée quand on (ou internet) me révèle la fin. Des histoires de chemin qui sont plus importants que l'arrivée, machin, tout ça.)

Si je reviens en arrière, je trouve que le début de saison a été monté de manière maladroite : deux épisodes qui font avancer le schmilblick, deux inutiles (mais au demeurant sympathiques, j'ai beaucoup aimé Sexy même si elle méritait un double épisode, au contraire des Doubles), un (double) qui fait transition et hop, épisode feu d'artifice. Peut-être que l'équilibre se fera à la fin de la saison mais pour l'heure...

:arrow: (l'autre version de ce post ressemblait à "OMFG SILLY BASTERDS GO DIE I HATE THIS U R GENIOUS")(et Emile, la décence m'interdit de traduire)
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