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[Roman] Max Hunter, Après la Guerre

Où l'on laisse libre cours à sa plume mécanique.

[Roman] Max Hunter, Après la Guerre

Messagepar Reydock » 31 Mars 2013, 19:47

Pour l'instant: 8pages sur 12 copiées à l'ordi soient 3 170 mots.

Avez-vous vécu l’Apocalypse ? Non, bien évidemment. Sinon vous ne seriez pas là en train de lire mon histoire. Parce que ceux qui ont vécu la fin du monde vous raconteraient tous des histoires semblables.
Au fait, je me présente : Maximilien John Hunter. Mais on m’appelle Max. Plutôt grand, assez baraqué, brun, cheveux courts, yeux marron clair. Tout le contraire de mon pote Joe. Tous les deux, on vit en nomades. Joe, c’est un mécano peu futé mais foutrement doué. Il est plutôt petit, rond, arbore une magnifique moustache brun clair, en accord avec ses cheveux, et ses yeux bleus.
C’est mon seul et meilleur ami. Il m’a sorti plus d’une fois de sales affaires dans lesquelles j’ai l’habitude de me fourrer. Sa plus grande qualité : sa loyauté. Et sa capacité à suivre mes indications et appliquer mes directives. On s’est rencontré juste après le départ des Décideurs –vous savez, tous ces hommes d’Etat importants, ces présidents, ces ministres, qui s’en mettent pleins les fouilles sur le dos de leurs pauvres compatriotes-qui ont fui quand ils ont vu les conséquences de leurs actes. Autrement dit, quand la Troisième Guerre Mondiale s’est terminée et quand la Terre n’était plus qu’un gigantesque désert où se tortillaient toutes les créatures irradiées.
Ouais, la Troisième Guerre Mondiale. La plus grosse connerie des hommes, loin devant les deux premières grandes guerres. Joe était pilote de chasse pour les Royaume-Unis et moi soldat des forces spéciales U.S, d’origine française. Son avion s’était écrasé au beau milieu d’Israël, et mon commando devait s’infiltrer dans Jérusalem (on devait empêcher les israélites de lancer leur bombe H, le temps que les USA puissent utiliser la leur). Je l’ai trouvé et ramené au campement, et sur la route on a sympathisé. Faut dire que mon commando s’était pris une pluie de napalm pendant que je sortais Joe de son zinc. Un coup de chance pour lui comme pour moi, ou bien un signe du destin.
Dès que les infirmiers l’ont remis sur pied, on s’est fait la malle ; c’en était trop.
Hors de question de mourir pour assouvir la cupidité d’hommes qui s’entretuaient pour les derniers puits de pétrole.
Bref, on a déserté et on a voyagé partout où la guerre n’y était pas.
Nos pas nous ont conduits en Pologne, où de nombreux déserteurs s’étaient réunis. Deux mois plus tard, on apprit que l’Amérique lançait sa foutue bombe H sur l’Europe de l’Est, pour « nettoyer tout ça ». Immédiatement, les rebelles ont ouvert des passages vers les anciennes mines de charbon, profondes de plusieurs centaines de mètres.
Il fallait descendre toujours plus bas pour échapper aux radiations. Arrivés au fond de la plus profonde des mines, on s’est mis à creuser, encore et encore, jusqu’à ce que le ciel, les nuages et les astres ne soient qu’un lointain souvenir. On s’est alors mis à exploiter cette matière noire qui faisait la richesse des hommes autrefois. Il nous fallait de quoi nous éclairer et nous chauffer.
Notre camp de survie s’organisait rapidement et bientôt une petite ville sous-terraine naquit. Mais on y vivait mal. On mangeait jamais à notre faim. Certains parvenaient à élever des moutons ou à cultiver des champs artificiels, mais les rendements étaient insuffisants pour nourrir toute une population et régulièrement on retrouvait un gamin inanimé, la bouche pleine de charbon et de graviers, ou un vieillard mort de faim au milieu de la rue. C’était l’enfer.
Mais une rage de vivre implacable nous poussait à continuer.
Tous ces polonais avaient des ancêtres ouvriers et mettaient leur savoir en commun pour créer des machines de toutes sortes et améliorer notre quotidien, ou au moins le rendre moins invivable. En fait d’une population, il s’agissait plutôt d’une communauté de deux-mille personnes.
Les marteaux rythmaient les journées, si « journées » on peut les appeler. Aucune différence entre le « jour » et la « nuit » si ce n’est le silence. Toujours ce même ciel de charbon au dessus de nos têtes.
Joe avait réussi à mettre en place une certaine organisation, en installant sur la place une énorme horloge de son invention. Et les tours de cadran se succédaient.
Bien souvent, on se demandait si on allait un jour pouvoir remonter en surface et surtout combien de temps pourrions-nous survivre. Les enfants grandissaient, pâles, et n’avaient aucune conscience de la nostalgie qu’éprouvaient leurs parents, qui regrettaient la lumière du soleil, leur triste regard plongé dans la lumière artificielle des lampadaires qui envahissaient la ville.
Finalement, on s’était tous plus ou moins faits à cette vie, et le souvenir lointain des terres à l’air libre devenait une légende. Tous pensaient qu’on ne pourrait jamais remonter, que l’air poussiéreux d’ici-bas était mille préférable à celui qu’on trouverait là-haut. Et puis ouvrir une brèche, un tunnel ou un passage quelconque mettrait en péril la vie de tous ; l’air « d’en haut » était sûrement bourré de particules radioactives, même après tout ce temps. Mais Joe et moi, on abandonnait pas l’idée de remonter. Parce qu’on savait qu’un jour, au milieu de la nuit éternelle, on apercevrait une lueur qui ne serait pas celle d’un lampadaire, et que cette lueur nous conduirait vers un monde, peut-être pire que celui qu’on connaissait autrefois, mais sûrement meilleur que celui qu’on connaissait sous terre. Mais on savait pas quand cette lueur viendrait à nous. Et on s’attendait encore moins à ce qu’elle arrive un jour comme celui-ci.
La porte de ma chambre s’ouvrit dans un grand claquement qui faillit me renverser du lit.
« Max ! Faut que j’te montwe un twuc ! s’écria Joe avec l’accent britannique qui faisait sa fierté d’anglo-saxon.
-Joe ! hurlai-je. Mais qu’est-ce que tu fous ? T’es dingue ?! Tu m’as foutu une de ces trouilles !!
-Come on ! Lève-toi, il faut que je te montwe quelque chose ! répéta-t-il, surexcité.
-Je dois me faire beau ?grognai-je. C’est pas encore à une dame, que tu veux me présenter, j’espère ?
-No, t’inquiètes pas. C’est tellement… awesome !répondit mon ami, qui peinait à exprimer ses émotions en français.
Intrigué, j’allais me lever, quand je m’aperçu qu’il ne bougeait pas un poil de ses moustaches.
« Tu comptes rester là encore longtemps ?demandai-je, l’air sévère.
-Quoi ?fit Joe.
-Eh bien ! Tu veux que je m’habille ou non ?
-Oh ! Pawdon ! s’excusa l’aviateur en se précipitant hors de la chambre.
-Gentil, mais pas toujours futé, soupirai-je en enfilant un pantalon de cuir épais.
Il n’y avait que deux choses qui pouvaient éveiller pareille passion chez mon acolyte ; les femmes, et les progrès techniques. Et apparemment aujourd’hui, il n’était pas question d’une femme. J’avais donc intérêt à m’équiper. Je ne prendrais pas de douche ce matin ; on reviendrait de l’atelier couverts de poussière, c’était une évidence. J’enfilai alors mes bottes renforcées à l’amphitritium, une chemise légère, et enfin une veste à manches longues qui couvriraient mes mains en cas de besoin et m’arrivait à la taille.
Je descendais l’escalier d’un air théâtral, mes lourdes bottes métalliques claquant sur les marches de bois. Joe m’attendait, debout devant la porte.
« Tu es prêt ? fit-il, blasé.
-Et comment ! répondis-je. Bon alors ! Qu’as-tu inventé cette fois ? dis-je en faisant glisser mes lunettes de protection sur mon nez.
-Rien. »
J’enlevai mes lunettes.
« Rien ?répétai-je, incrédule.
-Nope. Nothing. Rien.
-Mais… qu’est-ce que tu veux me montrer ? lançai-je en me laissant tomber dans un fauteuil, complètement déstabilisé.
-Suis-moi !sourit mon compère.
Comme il se levait, je fis de même. Il ouvrit la porte d’entrée, nous fîmes le tour de la maison et, aussi surprenant que ce fût, nous dépassâmes l’Atelier pour aller s’enfoncer dans une grotte. Joe craqua une allumette et alluma sa lampe à gaz.
Il avançait d’un pas assuré et jovial. Son engouement était presque palpable. Enfin, il s’arrêta. Le boyau s’élargissait pour devenir une réelle salle de pierre.
« Ne vois-tu pas quelque chose d’anowmal ? me demanda-t-il.
-Hein ?lâchai-je, les yeux écarquillés.
-Ne wemawques-tu wien d’inhabituel ?
-C’est pire !lançai-je, me retenant de rire.
-DON’T YOU SEE ANYTHING SPECIAL ?éclata Joe.
-Ah !fis-je. Il fallait le dire tout de suite.
Je sorti mes équipements de mon sac.
« La température ambiante est plus élevée que d’habitude. De cinq degrés Celsius. L’air semble être le même qu’en ville, si ce n’est la vapeur en moins… Non ! Attends ! Des microparticules organiques volettent partout autour de nous ! …bon… maintenant, la concentration en charbon… »
Je sorti mon carbomètre, mais Joe m’arrêta.
« Inutile de faire tous ces tests, mon ami, dit-il, un sourire radieux derrière la moustache. Touche ces parois. »
J’obéis.
« Elles ont l’air… humides. Et semblent s’effriter sous mes doigts. Qu’est-ce que…
Joe lança son poing vers la roche. Je me précipitai vers lui.
« Joe ! Ça va ? Qu’est-ce qu’il t’a pris ?
-Je vais bien, dit-il en me montrant son poing intact. Regarde la paroi.
« Serait-ce… serait-ce…
-De la glaise, finit mon compère. Ou awgile. Composée de plus de cinquante "forcent" de silicate d’aluminite, de quinze "forcent" d’albite, et le west de quartz, de calcite et d’oxydes de few. Une terre twès spéciale qui absowbe l’eau et qui est donc twès molle. Et donc que l’on peut twavesser.
Je me retournai vers lui, les larmes aux yeux. On allait quitter ce trou à rats.
« Ça fait si longtemps qu’on attend ce moment… Joe ! Tu es un géni ! m’écriai-je en le soulevant de terre. Il éclata d’un rire tonitruant, avant que je le repose, tous deux gênés par cet élan d’émotion.
« C’est donc là notre porte de sortie…
-Yes, sir !
-Je pense que nous devrons mener notre projet dans la plus grande discrétion. On ne sait pas comment les autres pourraient réagir.
-Entendu mon ami ! »
Ainsi commença notre projet fou de remonter en surface. Chaque jour, on se levait dès que l’Horloge sonnait la cinquième heure du matin, et on fonçait dans l’Atelier. Je dessinais chacune des pièces de notre future machine et Joe les forgeait.
Six semaines plus tard, notre foreuse à vapeur était terminée. Ou presque. Il nous restait plus qu’à assembler la carrosserie. Et deux ou trois pièces, que Joe était justement en train de fixer.
Ensuite, on aurait plus qu’à mettre les voiles.
Alors que je listais tout l’équipement dont nous aurions sûrement besoin, les coups de marteau s’interrompirent.
« J’ai envie de l’essayer » déclara Joe, allongé sous le véhicule.
Je me retournais.
« Hein ?!
-Le moteur. J’aimerais bien l’essayer, répéta-t-il.
-Hors de question ! On a même pas solidifié les soudures !
Je parlais dans le vent. Il se releva et posa la main sur le levier du moteur. J’ouvris de grands yeux stupéfiés.
« C’est l’heure du test ! s’écria-t-il.
-Non ! Ne…
Je ne finis jamais ma phrase.
Le moteur explosa. Je fus propulsé contre mon bureau et entendit mon bras droit craquer.
Je me laissai glisser au sol en compressant contre ma bouche un chiffon qui se trouvait là.
La poussière m’empêchait d’ouvrir les yeux, et un horrible sifflement persécutait mon système auditif, qui avait pourtant survécu à huit années au service de l’armée. Quand le sifflement se fût calmé, je me risquai à entrouvrir un œil et vit une forme sombre se dresser au milieu d’un nuage de poussière. Joe s’avança, un sourire immense au milieu de son visage noir de suie.
« Waouh ! s’exclama-t-il en me tendant la main.$
-L’autre, grommelai-je en me tenant le bras droit.
Il me tendit son autre main et m’aida à me mettre debout. Je grimaçais et compressais mon bras contre mon abdomen. Joe releva ses lunettes de soudure sur son front, lui laissant deux énormes cercles blancs autour des yeux, au milieu d’un visage couleur charbon. Je manquai d’exploser de rire, mais la douleur me retint.
« Camarade !s’exclama-t-il. Es-tu OK ?
Je secouai la tête.
« Je crois que mon bras est pété.

*
En effet, mon bras entier avait été réduit en miettes, y compris mon épaule et mon omoplate. Mes cervicales supportaient une masse de chair, de morceaux d’os et de peau complètement inutilisable et molle. Voilà qui avait de quoi me gâcher la semaine. Et ralentir notre projet.

Je me suis aussitôt mis à dessiner –de ma main valide, autant dire que c’était moche- des plans de prothèse en cuivre. Au bout de deux jours, j’arrivai à quelque chose de plutôt concluant et demandai à Joe de me procurer des rouages et des petits mécanismes. Il revint de chez l’horloger avec plus de matériaux que j’en aurais eu besoin. Il m’aida à confectionner mon bras mécanique à l’aide de pièces de moteur et d’horloges. Mon bras fonctionnait merveilleusement bien mais n’était pas autonome… J’avais tout prévu, mais ça risquait d’être un peu douloureux. Le système électrique était prêt et le bras réagissait plutôt bien. Il ne restait plus qu’à le « brancher » à ma moelle épinière.
Pour cela, je comptais sur le docteur Trelinski et sur ses talents de chirurgien. Je ne parlais pas bien le polonais, mais heureusement le médecin se débrouillait plutôt bien en anglais et comprenait le français. Joe lui expliquait mes intentions, et je l’interrompis avant que notre secret ne lui échappe. Trelinski eut un instant de scepticisme, puis consenti, malgré les risques. Il demanda cependant à Joe de l’assister. Celui-ci accepta immédiatement et assaillit le toubib de questions :
De quoi aurait-il besoin ? Où l’opération aurait-elle lieu ? Et quand ? Trelinski sourit. L’opération allait avoir lieu maintenant, sur n’importe quelle table, et ‘il n’aurait besoin que d’une fiole d’opium et d’un maillet. Je me demandais lequel de ces derniers servirait à m’endormir.
Le toubib me proposa de m’opérer dans mon atelier ; cela nous épargnerait les regards des petits curieux et si jamais des réglages supplémentaires étaient nécessaires au bon fonctionnement de mon bras, Joe serait dans la capacité de les réaliser. Alors que Trelinski posait la main sur la poignée, je réalisai que la foreuse à vapeur était juste derrière cette porte.
« Non ! protestai-je sans réfléchir.
-Pardon ? s’étonna le médecin.
-Euh…laissez-moi remettre un peu d’ordre avant… Nous n’avons pas vraiment pris le temps de faire du rangement depuis l’explosion, bredouillai-je.
Le docteur se mit à produire des sons rauques et claquants à la fois. Ça devait être son rire. Il lissa sa petite barbe blanche et remonta son binocle de l’index.
« Pas besoin de rangement. » dit-il en actionnant la poignée.
Je plaquai une main désespérée sur mon visage. Il se retourna aussitôt vers moi et je su qu’il avait compris. A mon grand étonnement, il entra et débarrassa simplement la table qui me servait de bureau.
« Ici » dit-il en la pointant du doigt. Je m’exécutais. Je ne voulais pas le contrarier après ce qu’il venait de voir. Il sortit un stéthoscope de sa blouse et entreprit de m’ausculter.
« Poids ?demanda-t-il machinalement.
-Soixante-dix kilogrammes.
-Hauteur ? fit-il.
Son problème de vocabulaire n’était pas un grand handicap et je dus reconnaitre que pour parler le français il se démerdait pas trop mal.
-Un mètre et quatre-vingt-deux centimètres ».
Il rangea son stéthoscope et réfléchit un instant en observant mon dos. Subitement, il brancha l’extrémité du circuit électrique de mon bras à une espèce de lot de trois aiguilles d’un métal brillant, longues d’un peu plus de deux centimètres. Joe fit irruption dans la salle et je vis son visage se décomposer tandis que son regard passait de Trelinski à la machine et de la machine à Trelinski.
« Godness…, lâcha-t-il.
-Joe, tu tombes à pic. Je crois que le Dr. Trelinski a hâte d’en finir avec cette histoire.
Joe présenta la fiole d’opium et le maillet au médecin, comme convenu. Sans plus attendre, celui-ci imbiba un chiffon du poison et me le plaqua contre la bouche. Presque instantanément, je sombrai dans l’inconscience.

*

J’avais l’impression d’avoir la réserve entière de liqueur de 2013 que conservait jalousement Joe à la cave. Ma bouche était pâteuse, je peinais à garder les yeux ouverts, et surtout mon crâne me lançait affreusement. Impossible de me souvenir de ce qui se passait. Je voulu tâter l’arrière de ma tête et faillis faire un arrêt cardiaque en sentant le contact froid du métal contre ma nuque. Tout me revint en mémoire. L’explosion, mon bras, la prothèse mécanique, l’opération, puis plus rien. Je supposais que ce devait être le dernier évènement et commençai à observer l’endroit où je me trouvais.
La vieille armoire bancale, l’étagère qui débordait de babioles en tout genre et l’uniforme crasseux dans la penderie m’indiquaient que j’étais dans ma chambre. Je regardais le poster sur le mur adjacent représentant une pin-up des années vingt –deux-mille vingt, bien entendu- et m’assis sur mon lit. Cette image était un vestige de ma vie de soldat. Je décidai alors d’enfiler mes lourdes rangers et fus surpris de voir ma main droite rejoindre ma main gauche pour l’aider. Je remuais mes doigts en cuivre, comme hypnotisé par ce bijou de technologie et de médecine.
Je fis ensuite rouler mes épaules. Je pouvais remuer mon bras sans souci. Il m’obéissait à la perfection et les petits chuintements que produisait le frottement des pièces n’étaient pas si désagréables. J’avais hâte de tester la force de mon nouveau membre. J’en fis d’ailleurs l’expérience bien assez tôt. En me levant, mes jambes chancelèrent et je reversai l’armoire. Du moins je le croyais. Un réflexe inhumain me fit la rattraper juste avant qu’elle n’atteigne le sol. J'eus du mal à croire que je retenais un meuble en métal de plus de cent-vingt kilogrammes d’une seule main. J’eus à peine à forcer pour le redresser. Il fit un bruit terrible en retombant sur ses quatre pieds.
« He’s awaken ! »cria quelqu’un au rez-de-chaussée. J’entendis des pas bruyants grimper les escaliers quatre à quatre. Joe ouvrit la porte à la volée, comme à son habitude.
« Je t’ai tant manqué que ça ? »lui dis-je, après m’être assuré que l’armoire tenait bien debout.
« Et comment ! s’exclama-t-il. Le professor n’était pas sûr que tu te réveilles un jour !
-J’ai dormi combien de temps ?
-Three days, répondit mon ami en dressant son index, son majeur et son annulaire de façon anglaise.
-Bon sang ! Et Trelinski qui est au courant pour notre projet… il n’en a parlé à personne, au moins ?
-Personne ne sait, sourit mon compère. Mais j’avais à lui proposer un … deal.
- De quel "deal" tu parles ? lançai-je, sourcils froncés.
- Il veut venir avec nous.
- Jamais.
- Nous n’avons pas le choix. Et puis avoir un doctor dans l’équipe est good !
Je ne pouvais pas lui donner tort sur ce point-là. Nos connaissances en médecine se limitaient aux gestes de premier secours et Josef Trelinski, bien qu’il ait un sacré caractère, était un médecin brillant.
« Ça marche »marmonnai-je. Je lui devais bien ça pour l’opération.
Si un jour, vous rencontrez
Ne serait-ce que la moitié,
De l'équipage du grand Blake,
Faites demi-tour! Sonnez retraite!

Costumes (en cours. Tous.): Cpt. pirate Gordon Blake; le Botaniste; le Navigateur
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