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Herminoire 1880, une aventure des steam-marines

Où l'on laisse libre cours à sa plume mécanique.
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Münsingen
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Herminoire 1880, une aventure des steam-marines

Message par Münsingen » 16 janvier 2012, 19:38

Introduction :

Même si sa notoriété restait éclipsée par celles de la vieille Munich et de la jeune Edelstadt, petite bourgade bavaroise qui avait brutalement acquis le statut de capitale quand Louis II avait obtenu le ralliement des princes catholiques du sud de l'Allemagne effrayés par le géant prussien, Stuttgart n'en gardait pas moins la réputation d'être la « ville héroïque » de l'Empire d'Edelstadt. C'est en effet devant ses fortifications qu'était venue s'écraser l'armée autrichienne lorsque l'empereur François-Joseph de Habsbourg avait tenté, au printemps 1875, de couper Louis d'Edelstadt de ses alliés franco-britanniques en lançant une vaste offensive dans le Wurtemberg. Cette opération militaire, l'une des plus meurtrières de la Grande Guerre de 1874-78 s'était soldée par un long siège que la population de Stuttgart avait supporté vaillamment tandis que Louis d'Edelstadt hésitait à rappeler ses forces engagées à la frontière austro-bavaroise et à leur demander de secourir la ville. Après des semaines de bombardement et de famine, c'était l'usage de nouvelles armes qui avait enfin permis de disperser les assiégeants : si quelques régiments autrichiens avaient pu fuir à travers le pays de Bade jusqu'en Alsace où ils avaient retrouvé l'armée prussienne qui y combattait, elle, les Anglais et les Français (cf. Chauderoche 1875, une aventure du C.al Mumu), la majorité des soldats qui prenaient part au siège étaient morts devant Stuttgart ; quant aux moins chanceux des Autrichiens, ils avaient été transformés en « loups-garous » par les gaz tératogènes et s'étaient égayés dans la nature avant d'aller se cacher dans les Alpes suisses, au Tyrol ou bien, plus loin encore, dans les montagnes des Balkans et des Carpates où ils pouvaient espérer survivre un peu plus longtemps à l'insu de leurs anciens frères humains qui les traquaient désormais comme des monstres.
Bien que l'on fût au mois de mai 1880, le siège était encore bien présent dans les mémoires des habitants de Stuttgart, d'autant plus que les murailles de la ville montraient de nombreux impacts d'obus et de balles, stigmates de cet épisode douloureux. Conformément à son caractère fantasque – que certains de ses détracteurs n'hésitaient pas à qualifier de folie ! – l'empereur Louis d'Edelstadt avait d'ailleurs ordonné que le port aérostatier de la ville, dévasté par l'artillerie ennemie en 1875, soit totalement reconstruit dès la fin de la guerre et installé à l'endroit précis où l'Etat-Major autrichien avait eu son quartier-général pendant le siège. Ce dernier avait alors été considérablement agrandi afin de l'adapter à la hausse du trafic des dirigeables qui avait connu un essor considérable durant la Grande Guerre.

C'est sur ce port aérostatier, le second de l'empire par la taille (ex-æquo avec celui de la capitale), que le professeur Octave Herminoire attendait ses invités. Ses moyens lui auraient permis de descendre dans l'un des hôtels les plus luxueux de la ville mais il ne se sentait jamais aussi bien qu'à bord de l'Aurore, son zeppelin privé. Il y avait donc passé l'essentiel de son temps depuis qu'il était arrivé à Stuttgart quelques jours plus tôt, au retour d'un séjour de plusieurs semaines au château de Neuschwanstein, palais de conte de fées que l'empereur avait fait construire par caprice pour y recevoir ses amis les plus chers ou bien les savants qu'il faisait venir du monde entier afin de racheter leurs inventions à prix d'or.
Si Herminoire y était arrivé en tant que membre de la seconde catégorie d'invités, il en était parti membre de la seconde puisqu'il venait de céder à l'empereur un artefact unique qui lui avait valu de devenir l'un de ses favoris et d'être couvert d'or et de distinctions – dont celle d'officier d'honneur de l'empire d'Edelstadt, charge assortie d'un habit militaire noir brodé de rouge qu'il arborait depuis presque tous les jours, autant par coquetterie que par amusement. Car le plus amusant dans l'histoire était que ce qu'il avait vendu comme son « invention » à Louis de Bavière n'était qu'une trouvaille qu'il avait faite l'année précédente par le plus grand hasard et dont il ne comprenait pas la moindre bribe du fonctionnement : un automate du nom d'Utelo, qui reproduisait parfaitement la personne humaine tant de corps que de visage (cf. La Fée mécanique) et qui, animé d'une personnalité propre, l'avait supplié de l'aider à trouver un refuge où les mystérieux ennemis qui le traquaient – en prétendant être ses véritables concepteurs – ne pourraient plus jamais l'atteindre ; or, pouvait-on rêver meilleur refuge que la chambre privée d'un empereur un tantinet paranoïaque et fasciné par les automates qui avait fait de vous son « jouet » favori ?


Le professeur bâilla et tira sa montre de son gousset. Le capitaine commandant le camp dont il venait de faire libérer cinq prisonniers de la Guerre du Tyrol (cf Tyrol 1880, une aventure des Steam-Marines) lui avait certifié que ceux-ci lui seraient « livrés » avant midi. Or l'heure fatidique approchait.
Il referma le grand livre relié de cuir gaufré marqué du poulpe dont il avait fait son emblème, s'étira et se leva. Depuis son dernier « voyage », le dernier qu'il allait faire en compagnie d'Utelo, le sommeil avait tendance à le déserter. Son ami de toujours, le comte de C., lui avait bien conseillé d'y remédier par l'usage d'opiacé mais le professeur s'en était toujours gardé. Non seulement il ne souscrivait pas totalement à la recherche des plaisirs souvent illicite qui constituait la principale raison de vivre de son ami, mais il craignait de surcroît que les drogues n'affectent son intelligence. Or il aurait besoin de toute celle-ci pour affronter ce qui l'attendait... ces secrets pour le moins terrifiants que lui-même, Utelo et Esther, sa propre « assistante », étaient les trois seules personnes au monde à connaître ; ces secrets pour lesquels il avait d'ores et déjà décidé de recruter le groupe de mercenaires dont lui avait parlé Olympe et qui se faisait appeler les Steam-Marines. A en croire la jeune femme, dont il avait fait la connaissance à Nantes quelques jours à peine après celle d'Utelo et avec qui il avait vécu une aventure rocambolesque qui les avait conduits jusqu'en Louisiane (Cf. la Fée mécanique), ces derniers s'étaient trouvés malgré eux enrôlés dans la Guerre du Tyrol, à laquelle l'intervention subite de l'armée edelstadtienne avait mis un terme. Comme la plupart des combattants des deux camps – à l'exception du moins de ceux qui avaient eu la folie de vouloir poursuivre malgré tout une guerre perdue d'avance contre l'une des armées les plus puissantes du monde – les Steam-Marines avaient été capturés et enfermés dans un camp de prisonniers. Et c'est depuis ce camp qu'Olympe avait envoyé au professeur une lettre l'appelant au secours (cf Tyrol 1880, une aventure des Steam-Marines). Ce dernier n'étant pas homme à abandonner ses anciens amis, il avait aussitôt écrit à l'empereur qui, trop heureux d'obliger son nouvel favori, avait ordonné le lendemain-même la libération d'Olympe et de ses frères d'armes.

« Toutefois, songea le professeur en se remémorant les faits, ne suis-je pas sur le point de précipiter ces Steam-Marines de Charybde en Scylla ? Olympe me prend pour son sauveur mais je crains qu'elle et ses compagnons ne regrettent vite le confort relatif de leur camp de prisonniers bavarois... »
Il se servit en guise d'apéritif une longue rasade d'un Bourbon de prix contenu dans un flacon de cristal.
« Mais, d'un autre côté, se consola-t-il, si nous n'essayons pas, les choses deviendront bien pires pour tout le monde ; y compris pour eux... »
Il était heureux à l'idée de revoir Olympe après huit mois de séparation mais il avait malgré tout le cœur serré.
« Quel genre d'ami suis-je, se demanda-t-il, pour exiger de telles choses ? Enfin, je n'ai pas le choix. J'ai besoin d'hommes sachant manier les armes et Olympe m'en apporte sur un plateau. Je les paierai de toutes façons, et généreusement... enfin, si nous nous en sortons, bien sûr... »
Le professeur Herminoire était tout sauf un homme peureux : il avait déjà affronté bien des dangers, y compris des pirates sanguinaires qu'il avait défaits à bord de vaisseaux d'un autre âge ; même d'authentiques morts-vivants qu'il avait découverts en Louisiane (Cf. la Fée mécanique). Mais, cette fois, il se sentait gagné par une forme d'angoisse proche de la terreur. Car, cette fois, l'enjeu était d'une importance sans commune mesure avec tout ce qu'il avait connu au cours de ses aventures précédentes...

A suivre
marius nightmare
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Re: Herminoire 1880, une aventure des steam-marines

Message par marius nightmare » 16 janvier 2012, 20:47

Chouette, vous nous mettez l'eau à la bouche :)
Boum va ptet enfin pouvoir se faire plaisir en jouant des explosifs, du lance flamme... De tuer des gradés ou des puissants :)
Münsingen
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Re: Herminoire 1880, une aventure des steam-marines

Message par Münsingen » 17 janvier 2012, 12:26

Chapitre 1 : Ce que savait Herminoire...

« Ainsi, vous buvez seul, espèce de sacripant ? » s'exclama le comte de C. lorsqu'il vit le professeur descendre l'escalier qui menait de ses appartements au salon de l'Aurore, son verre de Bourbon à la main. Lui-même était assis au piano à queue qui occupait une partie de la pièce et avait été interrompu par l'irruption d'Herminoire en pleine lecture du journal du matin, qu'il avait déplié sur le lutrin.
Cette soudaine interruption dans ses noires pensées chassa l'angoisse qui serait le cœur du professeur. Le comte et lui-même avaient passé une partie de leur enfance ensemble en Bretagne et ils s'aimaient comme des frères. Cependant, c'était surtout pour sa joie de vivre et sa constante désinvolture que le professeur l'appréciait. Il l'avait prié de le retrouver à Stuttgart quelques jours plus tôt, au moment où le départ d'Utelo l'avait laissé soudain désemparé, seul avec les terribles secrets qu'il venait de découvrir. Il avait précisé que le comte devait venir le rejoindre seul mais n'avait pas songé que, pour ce denier, voyager « seul » impliquait seulement de n'être accompagné que de son épouse, de deux accortes soubrettes et du valet de pied qui leur servait de garde-du-corps. Depuis que le petit groupe était arrivé à bord, Herminoire n'avait pas encore osé se confier au comte, craignant que celui-ci ne fasse le plus naturellement du monde des révélations à la comtesse ou à l'un de ses gens. Ne sachant que faire, il avait décidé de différer son départ de l'empire d'Edelstadt, prolongeant un séjour qui semblait au comte de simples vacances improvisées que lui-même et son épouse comptaient bien consacrer à la découverte des plaisirs cachés de Stuttgart. C'est dans ce contexte que lui était parvenue la lettre d'Olympe, qui lui avait soudain fait l'effet d'un éclat de lumière dans les ténèbres
...
« Je manque effectivement à tous mes devoirs d'hôte, très cher », répondit-il en souriant.
« Nos dames viennent à peine de se réveiller, poursuivit le comte en lui faisant un clin d'oeil lourd de sens. Je doute qu'elles ne soient prêtes à nous rejoindre avant une bonne heure et ne pense pas qu'elles souhaiteront prendre l'apéritif en notre compagnie. Mais, pour ma part, je ne laisserai pas mon meilleur ami face à un tel ennemi ! »
Herminoire eut l'impression de recevoir un coup de poignard en plein ventre.
« Un tel « ennemi » ? » demanda-t-il incertain.
« Je parle de l'alcool, naturellement, reprit l'autre en éclatant de rire. L'ennemi qui nous tuera tous les deux à terme ! Mais un vrai gentleman ne fuit pas devant ses ennemis, n'est-ce-pas ? Alors servez-moi donc un verre de ce mescal dont vous m'avez dit tant de bien. »
Agé de quelques années de plus que le professeur, le comte arborait une quarantaine radieuse et, si son visage était un peu marqué par le temps et les excès, sa longue chevelure bouclée conservait un noir de jais et il demeurait parfaitement droit en dépit de sa haute stature. Son nez long et fin était chaussé de petites lunettes rondes dont la couleur des verres variait en fonction de la lumière, ce qui était la seule concession qu'il faisait à la modernité. Car, autant le professeur était un partisan résolu de l'innovation scientifique, autant son ami se complaisait dans une certains nostalgie du passé qu'il poussait jusqu'au dandysme : il ne portait que des chaussures à boucles et arborait fièrement bas et culottes de soie, ainsi que redingotes ouvertes sur des chemises à jabot de dentelle.
« Ainsi, dit-il au professeur en acceptant le verre que ce dernier venait de lui remplir, vous comptez conserver cette veste militaire toute la journée ? Souhaitez-vous vraiment vous enrôler dans l'armée edelstadtienne ? »
« Certes non, mon ami. Mais n'oubliez pas que nous attendons l'arrivée d'authentiques militaires et vous savez comme moi quelle importance ceux-ci attachent à l'uniforme. A leurs yeux, il est symbole de sérieux et d'autorité. »
« Ce n'était donc pas une plaisanterie, Octave ? Vous prévoyez vraiment de nous infliger la présence de ces esprits frustes ? Mais quelle excentricité ! »
« Vous n'imaginez pas, comte ! Je compte même partir à la guerre avec eux ! »
« Ah ! s'exclama l'autre, encore un de vos « voyages dans le temps » suscités par les vapeurs de quelque substance dont vous vous obstinez à ne pas me faire goûter ? »
Plus que du reproche, c'était de la tristesse qu'Herminoire percevait dans la voix de son ami. Il prit une longue inspiration avant de répondre :
« Cette fois, je pourrais bien vous emmener, mon ami. Mais il faudra me promettre que vous ne chercherez pas à nous faire accompagner de la comtesse et de vos gens. Car je crains qu'ils ne s'avèrent un poids pour nous une fois sur le terrain... »
« Fichtre ! Parlez-vous là par métaphore ou comptez-vous vraiment nous exposer à des dangers comparables à ceux de la guerre ? »
« Comte, accordez-moi encore un peu de patience. Dès que nos invités seront arrivés, je vous révélerai tout. »
« Soit, mais dans ce cas je vous serai reconnaissant de me resservir un verre, Octave ; juste histoire d'aiguiser ma curiosité. »

A suivre.
marius nightmare
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Re: Herminoire 1880, une aventure des steam-marines

Message par marius nightmare » 17 janvier 2012, 13:01

La suite, la suite, la suite :p
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Antoine Jolivet
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Re: Herminoire 1880, une aventure des steam-marines

Message par Antoine Jolivet » 19 janvier 2012, 00:20

Mais que tout cela est alléchant !

Et quels beaux personnages tu nous donnes là !
Je m'inscris dans la file d'attente, j'ai le numéro suivant directement celui de Marius ! ;)
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Re: Herminoire 1880, une aventure des steam-marines

Message par Münsingen » 19 janvier 2012, 12:29

Antoine Jolivet a écrit :quels beaux personnages tu nous donnes là !
Merci mais je n'ai pas trop de mérite sur ce point car, comme souvent dans mes écrits, je mets ici en scène des personnages créés par d'autres. Ainsi, comme Utelo, Herminoire est un ancien PJ de la Fée mécanique et le Comte est la version un peu romancée d'un de ses véritables amis (vraiment comte IRL) qu'il m'a fait l'honneur de rencontrer lors d'un séjour sur ses terres bretonnes ;)

De leur côté, Murville, Olympe et les trois autres steam-marines survivants [cf. Tyrol 1880, une aventure des steam-marines] avaient quitté la Bavière quelques heures plus tôt à bord d'un mini-zeppelin banalisé.
Le bâtiment les avait conduits jusqu'à Stuttgart et trois gendarmes en civil les avaient pris en charge une fois sur place pour les escorter jusqu'à la coupé de l'Aurore où les attendait le majordome d'Herminoire
.
« Quel luxe ! » n'avait pu s'empêcher de murmurer Murville devant la débauche de meubles sculptés, d'oeuvre d'art exotiques, de miroirs et de tapis précieux qu'ils avaient vue en traversant le dirigeable.
« Oh, ce n'est rien par rapport à ce que tu aurais vu sur la Fée mécanique, le zeppelin où Herminoire et moi nous sommes rencontrés ! » lui avait aussitôt répondu Olympe.

Deux hommes les attendaient dans le salon où le majordome les pria d'entrer tandis que les trois gendarmes leur barraient la sortie. Ces deux inconnus se ressemblaient un peu mais l'un d'eux était plus âgé et de taille nettement supérieur à l'autre. Ce constat, ajouté au fait qu'émanait de lui une forte autorité naturelle, convainquit Murville qu'il s'agissait du fameux professeur Octave Herminoire dont Olympe n'avait cessé de leur parler depuis le matin. Pourtant, c'est au cou de l'autre homme que la jeune femme vint se jeter.
« Ah, Octave, quel merveilleux ami j'ai en vous ! »
Murville le détailla : il avait la trentaine bien avancée, un beau visage aux traits réguliers à peine durcis par une fine barbe noire et sa constitution semblait robuste. Il arborait une veste militaire noir edeltsadtien mais semblait trop décontracté pour être un soldat. Cet homme lui plut aussitôt, même s'il ne put s'empêcher d'éprouver une certaine jalousie devant l'affection que lui témoignait Olympe.
« Permettez-moi de vous présenter le sergent Eustage Murville, mon fiancé, poursuivit la jeune femme. Mes autres compagnons sont l'infirmière Callisto et les steam-marines Jules de la Fare et Boum. »
« Il me semble connaître les la Fare, intervint alors le second homme, une famille qui a fourni de grands soldats à la France ! Je connais aussi une muse appelée Callisto mais je ne pensais pas lui être présentée un jour. En revanche, j'ignorais qu'on pût s'appeler « Boum ».  »
« Et vous êtes, Monsieur ? » rétorqua l'intéressé, qui ne semblait pas du tout apprécier le sarcasme.
« Je suis le professeur Herminoire, intervint leur hôte. Et je vous présente mon ami le comte de C. Soyez les bienvenus sur l'Aurore. »
« Nous sommes très honorés de vous rencontrer tous les deux, répondit Murville en esquissant un salut militaire. Il est également de mon devoir de vous témoigner toute la gratitude des steam-marines, que j'ai désormais l'honneur de commander. »
« Vous avez combattu dans les rangs de l'Armée de Libération du Tyrol, sergent. Ce simple fait suffit à vous valoir toute mon estime. Je regrette d'ailleurs que l'armée edelstadtienne, dont je suis officier honoraire, ait traité l'ALT en ennemie au lieu de s'allier à elle contre la New Inquisition lorsque l'empereur Louis a décidé d'intervenir dans cette guerre. »
« Il faut croire que Louis d'Edelstadt voulait moins la libération du Tyrol que son annexion à son profit " , répondit Murville en lançant un regard hostile aux trois gendarmes toujours postés dans la coursive qui menait au salon.
Semblant seulement découvrir leur présence, le professeur leur lança :

« Danke schoen, meine Herren, ihr kannt jetzt gehen »*
Visiblement soulagés, les gendarmes s'exécutèrent sans demander leur reste.

Leur départ finit de détendre l'atmosphère.
Le professeur se tourna de nouveau vers Murville et lui déclara :

« Mademoiselle Olympe m'a appris que vous veniez de passer des semaines difficiles. Aussi peut-être souhaiteriez-vous disposer d'un peu e temps pour vous rafraichir et passer des vêtements neufs ? Je me suis permis de prendre quelques dispositions en prévision de votre arrivée. Ensuite de quoi, si vous êtes d'accord, je profiterai du déjeuner pour vous faire part d'un travail pour lequel je souhaite vous embaucher. »
« Déjà le travail ? » s'étonna Olympe.
« Hélas, j'aurais moi aussi préféré disposer d'un peu de temps libre pour faire votre connaissance. Mais il se trouve que je vais avoir un besoin urgent d'aide et que votre arrivée tombe à point on ne peut plus nommé... »
« Nous sommes vos hommes, répondit Murville. Nous vous devons déjà beaucoup, professeur, alors votre prix sera le nôtre. »
« Vous m'en voyez ravi, sergent. Et puisqu'il en est ainsi, vous m'obligeriez en cessant de vous sentir redevable à mon égard : considérez plutôt que j'ai juste fait ce qu'il fallait pour rendre les steam-marines à nouveau disponibles car j'avais un besoin urgent de leurs services. »
« Qu'il en soit ainsi, alors. Nous allons faire diligence pour vous retrouver très vite au déjeuner et écouter votre briefing. »

« Ma foi, déclara le comte lorsque Murville et ses hommes se furent retirés, ces steam-marines m'ont l'air fort civilisés. J'en suis presque déçu. Quant à vous, Octave, quel cachotier vous faites ! »
« J'en conviens, mon ami. Mais je crains qu'une fois que je vous aurai révélé mes projets, vous ne me preniez purement et simplement pour un fou. »
« Un fou ? Allons, Octave, vous savez bien qu'on n'est jamais assez fou ! »
Le comte éclata de rire et se servit un troisième verre de mescal.

A suivre
.


* Merci, Messieurs, vous pouvez partir à présent.
marius nightmare
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Re: Herminoire 1880, une aventure des steam-marines

Message par marius nightmare » 19 janvier 2012, 15:42

Que dire... Excellent

Mais y a qu'un fou ici....
C'est boum >< XD
Münsingen
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Re: Herminoire 1880, une aventure des steam-marines

Message par Münsingen » 20 janvier 2012, 12:33

Moins d'une heure plus tard, les cinq steam-marines avaient rejoint le professeur et son ami le comte dans la salle à manger de l'Aurore. Lavés, rasés et vêtus des habits bourgeois de coupe sobre qu'Herminoire avait achetés à leur attention, ils ne ressemblaient plus du tout à la bande de soudards en haillons qui était montée à bord et leur compagnie ne semblait guère déplaire à la comtesse de C., une femme d'aspect jovial nettement plus jeune que son mari, qui participait également au déjeuner. Le service était assuré par une autre femme, brune et pourvue d'un beau visage lisse où luisaient de grands yeux bleus, qui portait des vêtements d'homme.
« Vous m'aviez promis des extravagances, mon ami, s'exclama le comte, et je constate que vous tenez parole : qu'est-ce qui a bien pu vous pousser à demander à Esther, votre assistante, de nous servir ce repas ? Où sont vos gens ? »
« N'y voyez qu'une mesure de prudence, répondit le professeur. Ce que je compte vous apprendre à présent ne doit en aucun cas parvenir aux oreilles de mes domestiques ou des vôtres –- ni à celles d'aucune personne autre que celles qui se trouvent actuellement dans ce salon, d'ailleurs. »
« Fichtre, que de secrets, Octave ! » s'exclama la comtesse ravie.
« Sachez à ce propos que votre époux a dû batailler ferme pour que j'accepte de vous mettre dans la confidence, ma chère. Il m'a donné votre parole que vous n'en parleriez à personne. »
« Et je vous la redonne en personne ! » gloussa la comtesse dont les yeux pétillaient d'excitation.
« Je vais néanmoins vous demander de patienter encore jusqu'au dessert, mes amis, ce qui nous donnera le temps de faire un peu connaissance avec nos invités. Sachez, sergent Murville, que j'ai connu votre frère Drako von Münsingen [cf La Fée mécanique]. Il vous ressemblait de manière stupéfiante ! »
« Nous étions jumeaux. Mais je n'ai pas eu l'honneur de le connaître. »
« Hélas, je ne l'ai pas connu longtemps non plus : il est mort quasiment sous mes yeux ; en héros. »
« Olympe m'a raconté cette histoire, répondit Murville d'un ton neutre. Mais d'autres m'ont rapporté qu'il s'était ainsi racheté d'une vie consacrée à faire le mal... Alors paix à son âme. »
« En tous cas, lorsque je l'ai connu, il ne ressemblait plus à l'homme qu'on vous a décrit. C'était un rude guerrier, ça, oui. Mais il n'avait plus rien d'un criminel. »
« Puisque vous le dites... A vrai dire, peu m'importe le passé, professeur. Parlons plutôt du présent : j'ai oui dire que vous étiez devenu un ami intime de l'empereur d'Edelstadt. »
« C'est très exagéré. Il se trouve seulement que c'est un homme qui confond volontiers affaires et sentiments. C'est un individu fantasque ; trop à mes yeux. J'aime qu'on fasse preuve de fantaisie, le comte vous le confirmera... Mais trop de fantaisie ne fait pas bon ménage avec trop de pouvoir. »
« Que voulez-vous ? intervint le comte en faisant jouer la lumière qui tombait du lustre sur son verre de cristal empli de vin jurançon. Certains sont faits pour régner et d'autres pour s'amuser ! En France, la Révolution de 1789 a enfin permis aux gens de ma condition de ne plus perdre du temps à gouverner. Croyez bien que cela me convient à merveille ! »
« Comment pouvez-vous défendre cette révolution ! ne put s'empêcher de s'écrier Olympe. En trois siècles, jamais les Bourbon n'ont fait couler autant de sang qu'un Robespierre ou un Danton ! »
Le comte la regarda, surpris.
« Ainsi, vous seriez royaliste, Mademoiselle Olympe ? J'ignorais qu'on pût encore en trouver en France... Et vous, Monsieur de La Fare, le fait que vous soyez noble vous amène-t-il à partager les opinions de votre sœur d'armes ? Votre famille est aussi riche que la mienne, il me semble, et pourtant vous et moi avons choisi des voies manifestement très différentes ! »
« Disons, Monsieur le comte, que, plutôt que de mener une vie d'oisiveté, j'ai préféré me rendre utile. Il se trouve que j'avais des dispositions pour les armes mais très peu de sympathie pour les Bonaparte... ni pour les Bourbon ou n'importe quel autre monarque, d'ailleurs. Un groupe de mercenaires un tantinet idéalistes me paraissait donc un bon compromis. »
« De mieux en mieux, jubila son interlocuteur, un républicain combattant aux côtés d'une royaliste ! Comme c'est amusant ! Dans tous les cas, je vous rejoins sur un point : les Bonaparte ne sont qu'une dynastie de pitres. Le premier a ruiné la France, le second nous a valu une brouille sans doute définitive avec la Prusse et le troisième est sur le point de nous faire entrer en guerre contre l'Edelstadt. Or l'Angleterre ne peut pas rêver mieux qu'une guerre entre ses anciens alliés et, cette fois, elle n'aidera aucun camp. Imaginez alors que, en quête de nouveaux alliés, l'Edelstadt se rapproche de la Prusse... ».
« Allons, intervint Murville qui s'estimait jusque là tenu à l'écart de la conversation, vous n'imaginez tout de même pas que la Prusse va ravaler son orgueil et se rapprocher de l'Edelstadt qui l'a vaincue et humiliée durant la Grande Guerre ? Le seul qui appelle à l'unification des Allemands du nord et du sud, c'est ce petit agitateur prussien du nom d'Hitolf Adler ! Or qui le prend au sérieux ? »
« Hélas, vous vous trompez, sergent, coupa Herminoire. Cette unification aura bien lieu ; dans cinquante-quatre ans exactement. Et quelques années plus tard, en 1940, ce sera la fin du monde. »
Son ton péremptoire suscita la surprise générale, si bien qu'il se hâta d'ajouter :
« Mes amis, je crois qu'il est plus que temps que je vous parle de l'avenir. »
Un silence plein d'appréhension s'installa, seulement troublé par le bruit que faisait Boum en avalant la soupe de fruits qui constituait le dessert. Lui seul ne semblait pas s'être aperçu du malaise général puisque, depuis le début du repas, il n'avait pas manifesté le moindre intérêt pour cette conversation mondaine.

A suivre
.
Münsingen
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Re: Herminoire 1880, une aventure des steam-marines

Message par Münsingen » 20 janvier 2012, 18:26

« Avant toute chose, déclara le professeur Herminoire en guise de préambule, je tiens à produire sous vos yeux ce document établi par le célèbre professeur Charcot des hôpitaux de Paris. Il date du mois de mars dernier et certifie que je suis en pleine possession de mes capacités mentales. »
Il fit circuler le certificat médical, que les convives se passèrent dans un silence gêné. Puis, quand le document fut revenu à son propriétaire, il fit signe à son assistante d'éteindre le lustre et d'allumer un projecteur électrique alimenté par une dynamo à vapeur qu'elle avait entre-temps installé sur le piano. Un carré de lumière se mit à sautiller sur un pan de mur qu'elle venait de dénuder en écartant un rideau.
« Bien, reprit Herminoire en s'éclaircissant la gorge. Il me faut à présent vous faire un récit qui risque de vous stupéfier. Les images qu'Esther va vous montrer pour donner plus de crédit à mes paroles sont des images d'archives. La première, une photographie de propagande datée du mois de novembre 1885, vous montre ici l'empereur Louis d'Edelstadt en compagnie de son épouse la comtesse Ottilia von Eisack et de leur fille Isolde. »
« Mais, s'écria Murville, comment cela pourrait-il être ?! Nous sommes en 1880 ! »
« En outre, renchérit la comtesse, la tentative de mariage de Louis de Bavière, bien avant qu'il ne se proclame « empereur d'Edelstadt », s'est soldée par un tel échec qu'il a juré de ne plus jamais essayer de se marier ! »
« Vous avez raison tous les deux, reprit patiemment le professeur. Mais l'annexion du Tyrol est sur le point d'avoir des conséquences inattendues : le comte et la comtesse von Eisack ont été tués il y a quelques jours par erreur, lors d'un bombardement edelstadtien ; or leur fille est sur le point d'être envoyée à la cour du nouveau souverain du Tyrol, à savoir Louis d'Edelstadt, qui en fera sa pupille. Et il va bientôt tomber amoureux d'elle, puis l'épouser au printemps 1885. Leur fille naîtra à la fin de cette année-là, juste avant que son père ne soit déclaré aliéné mental par ses proches qui ambitionnaient sa succession. Il mourra d'ailleurs en 1886, dans des conditions mystérieuses, mais sa veuve parviendra à obtenir la régence contre vent et marée et à faire couronner sa fille, l'impératrice Isolde d'Edelstadt, qui règnera effectivement de 1899 jusqu'en 1938. Je vous conjure de me croire : comme j'espère vous l'avoir montré, je ne suis pas dément. Mais tout ceci est vrai et les images que je vous montre viennent bel et bien du futur »
« Mais... Comment... ? » s'écrièrent à peu près en même temps tous les convives.
« Eh bien, il se trouve que l'année passée, j'ai par le plus grand des hasards découvert le moyen de voyager dans le temps [cf la Fée mécanique]. Bien que je n'en comprenne toujours pas le principe de fonctionnement, je dispose depuis d'un appareil qui me permet de quitter notre époque pour une autre. Je l'ai utilisée pour faire plusieurs expériences, notamment au Moyen Age et au XVIIIe siècle. Et puis, par accident, je me suis retrouvé il y a peu – si j'ose dire – en l'an 1940. »
« Ce que vous dit le professeur est vrai, confirma Esther. Je l'ai accompagné au cours de ce voyage au XXe siècle. »
« Et je vais vous demander de m'accompagner bientôt dans un voyage analogue, reprit Herminoire. Voici pourquoi je vous ai tous rassemblés ici. Je voudrais que vous m'accompagniez avec moi en l'an 1940... afin que nous empêchions la destruction du monde. »
« Mais, enfin... C'est totalement dément ! » s'exclama le comte, qui semblait pour une fois plus effrayé qu'amusé.
« Je sais, mais c'est hélas indispensable. Laissez-moi à présent poursuivre mon récit des temps futurs et vous convaincre de la nécessité de m'accompagner dans ce voyage. »
Münsingen
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Re: Herminoire 1880, une aventure des steam-marines

Message par Münsingen » 20 janvier 2012, 18:51

« Comme je le disais, reprit Herminoire, Louis d'Edelstadt mourra en 1886 mais sa veuve parviendra à conserver les rennes du pouvoir. De leur côté, Victoria et Napoléon IV mourront respectivement en 1901 et 1922 et leurs successeurs, Edouard VII et Napoléon V, se montreront de bien piètres souverains. La Prusse en profitera pour renaître de ses cendres : Hindenbourg, un jeune junker inspiré par la politique de Bismarck et séduit par les thèses extrémistes de Hitolf Adler, s'y fera élire chancelier puis rétablira la monarchie à son profit en 1904. Il mariera finalement sa fille Germania de Prusse au fils d'Isolde d'Edelstadt, l'empereur Adolf, à qui il cédera la Prusse à sa mort en 1934. L'impératrice Isolde abdiquera la même année en faveur de son fils et la messe sera dite. Comme je vous l'ai déjà dit, l'Allemagne sera unifiée dans exactement cinquante-quatre ans. »
« Admettons, dit Murville. Mais en quoi serait-ce un tel drame ? L'Allemagne aurait pu être unifiée dès 1870 : dès sa victoire sur Napoléon III, le roi Guillaume de Prusse avait fait des propositions en ce sens à Louis de Bavière ! »
« Sauf que l'Allemagne qui s'unifiera en 1934, répondit Herminoire, sera bien différente de celle qui aurait pu s'unir en 1870. Il s'agira, d'une part, d'un Edelstadt dirigé par une femme très déçue par les souverains médiocres gouvernant alors la Grande-Bretagne et la France et, d'autre part, d'une Prusse qui n'aura cessé de ruminer sa défaite de 1878 ; sans compter que toutes deux seront nourries d'idéologie adlérienne militariste, nationaliste et raciste. Il en résultera une Allemagne extrêmement agressive, aussi puissante militairement et scientifiquement que rétrograde du point de vue social. Son ambition sera d'ailleurs d'annexer l'Autriche et toutes les anciennes possessions perdues par les Habsbourg en 1878, y compris celles qui sont devenues indépendants, comme la Hongrie, ou bien des protectorats alliés tels que la Pologne. Le pas sera franchis dès 1939, quand l'Allemagne envahira l'Autriche et que les empires français et britannique y répondront en lui déclarant la guerre. Un second conflit de l'ampleur de celui de 1874-78 éclatera, mais qui fera désormais s'affronter des armes telles que vous et moi ne pourrions même pas les imaginer puisque ceux qui les concevront ne sont pas encore nés à l'heure ou je vous parle ! »
Le professeur, qui commençait à s'animer, se tut pour reprendre son souffle.
« Pardonnez-moi, intervint la Fare, mais votre récit paraît tellement... incroyable. Nous donnez-vous votre parole de gentleman que vous n'êtes pas en train de nous faire une farce de mauvais goût ? »
L'affliction se peignit sur le visage d'Herminoire, qui fit un signe à Esther. Celle-ci actionna la commande du projecteur et l'image figurant une carte de l'Europe en 1939 (où Prusse et Edelstadt étaient bel et bien unifiés) laissa place sur le mur à la représentation d'un paysage de cauchemar : on n'y voyait que des bâtiments en ruines, noircis et fracassés, et quelques arbres brûlés et disloqués. Au loin, ce qui semblait un amas de poutrelles métalliques tordues par le feu se dressait vers le ciel à une hauteur prodigieuse.
« La photographie que vous voyez à présent est une vue de Paris au mois de juin 1940. Le monument ruiné que vous apercevez dans le fond est ce que l'on appelle la « Tour Eiffel », qui sera construite en 1889 sur le Champ de Mars. Au moment où j'ai pris cette photographie, Esther et moi-même devions être à peu près les seules personnes encore douées de raison dans la ville. Dites-vous qu'au même instant, Londres et Berlin se trouvaient dans le même état, bien pire que celui où s'est trouvée Vienne lorsque cette bombe non identifiée y a explosé en 1875... »
« C'est épouvantable ! » gémit la comtesse.
« C'est pour cela que nous devons empêcher ces événements de se produire. La chance veut que je sois au courant de ce qui nous attend et que je puisse nous emmener dans le futur. Nous avons donc une chance d'empêcher ces bombes d'être lancées par les belligérants. C'est pour cette mission que j'ai besoin de vous. J'ai passé ces dernières semaines à la mettre au point et lui ai donné le nom de code « Opération Dieselpunk ». »

A suivre
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