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[BG uchronique] Italie, Autriche et poteaux télégraphiques

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Merle
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[BG uchronique] Italie, Autriche et poteaux télégraphiques

Message par Merle » 19 février 2011, 23:11

Afin de ne pas surcharger et de pouvoir discuter librement de cet ajout, voici séparé du BG officiel et accepté, un coup d'œil sur une partie du monde uchronique de la Fée Mécanique. Ce qui est en rouge est uchronique, de même que l'ensemble de la bio de Paul Reuter (sauf sa date de naissance et quelques points). Tous les personnages sont réels, sauf la descendance Reuter. Et bien qu'ils aient été contemporains, Helga de la Brache et Paul Reuter ne se sont jamais croisés.


1864 : Victor Emmanuel II réussit l’exploit d’unifier tous les duchés italiens en un seul royaume. Hélas, en faisant de Rome la capitale du royaume d’Italie, au détriment de Turin pour rallier l’opinion du Sud & calmer le Vatican, Victor Emmanuel II a provoqué la première révolte turinoise qui se solde par un massacre. En outre, le Vatican perçoit une rente de l’Italie, qui n’est pas du goût des Piémontais, ni des anciens duchés du Nord. C’est la fin du Risorgimento (renaissance), qui marque l’unification italienne.

En 1877, à Milan capitale de la Lombardie, une société secrète se forme sous la houlette de deux hommes mandatés par l’empereur François-Joseph d’Autriche. Après des siècles d’oubli, la Ligue Lombarde est soudain cette oreille opportune soi-disant à l’écoute de tous ceux qui ne sont pas entendus. La Ligue fonctionne sur une hiérarchie pyramidale basée sur les mathématiques : au sommet l’empereur (jamais nommé), puis les diarches (inconnus), les tiers, les quartes, les quintes, sixtes… Chaque groupe a une fonction particulière (commandement, action armée, assassinat, renseignement)... Bien entendu, peu de lombards savent que c’est l’empereur d’Autriche qui est derrière tout ça.
L’identité du duo dépêché à Milan pour diriger la révolte lombarde reste un secret bien gardé. Tout au plus sait-on que ce sont deux vieillards, un vicaire au léger accent français mais indéniablement anti-bonapartiste et un autre encore plus vieux qui ne parle jamais.
Le but affiché de la Ligue est de renverser le roi, car le Nord de l’Italie n’admet pas Rome, soi-disant à la botte de la France, du Vatican et de la Prusse, comme capitale des Italiens.


De son côté, l’empire autrichien n’a plus d’empire que le nom. Bouffé à l’ouest par la Prusse et l’Italie qui lui ont repris des territoires, il a longtemps buté sur les tchèques à l’est, mais peu à peu, les tensions intérieures disparaissent grâce à la diplomatie du Comte von Taaffe, son ministre-président.

Pourtant, avec l’assassinat de von Taaffe, c’est l’étrange Georg Ritter von Schönerer qui prend les rênes du pouvoir pour effectuer un virage à 180°. Finis les jeux d’influence vers l’est ! Il est temps de reprendre ce qui appartient de droit à l’Empire d’Autriche ! La Vénitie et même carrément l’Italie entière !

Début 1880, Turin. Après un mois de décembre polaire, la plupart des cours d’eau européens connaissent une débâcle peu commune. De Londres à Florence, l’eau charrie un cortège de fange et de blocs de glace parfois aussi larges qu’un cheval. Si les ponts ne cèdent pas, comme ça a été le cas à Paris d’après ce qu’on raconte, l’embâcle crée souvent un barrage naturel glacé qui provoque de nombreuses inondations.

Ces catastrophes exceptionnelles qui surviennent après une année pauvre en récoltes sont un ferment de chienlit sur laquelle les opposants au nouveau roi cultivent une révolte millimétrée pour renverser la royauté à la seconde couche encore fraîche d’Umberto 1er, qui vient de succéder à Victor Emmanuel II en 1878.

Dans le but de financer la révolte et pour canaliser les ressentiments locaux, la Ligue Lombarde prône le rapt de personnalités romaines ou françaises. Les juifs et les bohémiens sont aussi visés comme spoliateurs nationaux.



Ce contexte d’instabilité en Italie posé, nous pouvons désormais déplacer notre focalisation sur l’incontournable Albion et sa capitale aux prises avec un froid tel que même la brume devient glaçons (d’après certains torchons locaux).

Janvier 1880, Voici Jules Israel Reuter, petit-fils du célèbre Baron Reuter, qui n’a rien hérité de la trempe de l’insigne grand-père. D’ailleurs, son seul nom est bien tout ce dont il héritera, ayant été « exhérédé pour usage détourné répété d’une installation de communication télégraphique ». En d’autres mots, Jules a échangé des télégrammes érotiques avec la fille de l’ambassadeur britannique à Berlin et a été répudié pour cela. Son père, le Baron Paul Reuter II, dans sa colère en a appelé à la reine pour déclarer l’impudent persona non grata, intra Britannicae et telexi (latin approximatif), banni des terres britanniques et aussi loin que portent les réseaux télégraphiques de grand-papa. Grand-papa approuve depuis son fauteuil d’aisance.
L’immensité est une notion mal cernée quand on n’a pas vingt ans, mais il suffit d’un rien, d’un bannissement par exemple, pour en prendre pleinement conscience.

Jules tente le diable en croyant se la couler douce dans la villa d’hiver familiale, dans le comté de Nice à nouveau français. C’est pourtant l’hiver, mais il est si rude et les rumeurs de coup d’état en Lombardie ont convaincu la famille Reuter de faire l’impasse sur leur villégiature méditerranéenne. Cependant, Jules doit vite déchanter et chier du poivre tous azimuts aux pandores niçois et leur panier à salade venus lui glisser une olive.
Le désargenté traverse alors la frontière italienne et file avec précipitation mais sans le sou jusqu’à Turin, ville en état insurrectionnel. Les troubles civils qui font trembler le postérieur de la capitale piémontaise ont des raisons politiques magnifiées par la famine. Il ne faut pas longtemps au jeune homme pour se faire kidnapper par une sixte turinoise de la Ligue Lombarde, dans l’espoir vain d’une rançon. La réponse du Baron Reuter II ne se fait pas attendre par un télégraphe sans appel «
don’t care stop never did stop never will stop » (sans importance stop hier stop aujourd’hui stop demain stop).

Début février 1880, Jules Reuter est transféré en secret à Kitzbühel, jolie station de ski du Tyrol alors autrichien où il est incarcéré dans le
Sommerfrischen-Semitismus (camp d’été pour juifs) nouvellement créé selon la volonté de Georg Ritter von Schönerer, le ministre-président d’Autriche. C’est le premier ghetto qui regroupe toute la population juive déportée de Vienne et d’Autriche, mais aussi de nombreux clans de tziganes « sédentarisés » de force.
Là, il découvre la réalité de l’ostracisme « civilisé » envers les peuples juifs et tziganes, partageant leur misère mais en révolte contre leur résignation.

Mais arrêtons-nous un instant pendant que le jeune Jules découvre les joies des côtes surapparentes et de la dysenterie collective pour nous concentrer un instant sur ce fameux Baron Paul Reuter.

Né en 1816 d’une famille juive allemande sous le nom de Israel Beer Josaphat, il change souvent de nom et voyage beaucoup, non pas parce qu’il souhaite s’intégrer plus facilement, mais parce que c’est un escroc notoire, un affabulateur, un mythomane de la pire espèce. En 1836, Sous le nom de Joseph Julius, il côtoie à Baden Mlle Aurora Florentina Magnusson avec qui il met au point une série extraordinaire d’escroqueries géniales dont le premier grand scandale des mandats au porteur, des usurpations d’identité, etc.
En 1837, apprenant la mort du roi exilé de Suède, Gustave IV Adolphe, Mlle Florentina a l’idée d’endosser le rôle de sa fille cachée pour réclamer une dot. Mais Paul Reuter ayant déjà sévi en Suède, le couple se sépare, elle sous le nom d’Helga de la Brache et lui sous le nom de Joseph Josaphat à Göttingen. Il se lance dans le trafic de faux métaux et fait la connaissance du grand mathématicien Carl Friedrich Gauss, qui pendant un temps, refait son éducation.
Le mathématicien voit en celui qui se fait appeler Joseph un fils de substitution et tente de lui inculquer son amour des sciences. Tout ce que Joseph voit, c’est que si on balance du courant électrique sur un câble attaché à la queue d’un chat, ça fait sauter le chat.

Poursuivi par des créanciers et quelques maris cornus, Joseph doit quitter l’Allemagne pour de bon en 1845 et atterrit à Londres où il retrouve une vieille connaissance, celle qui se fait désormais appeler Helga de la Brache et dont l’escroquerie vient d’être éventée. Lui-même a de nouveau changé de nom pour Joseph Reuter, puis Paul Reuter, le temps de s’habituer à signer de faux mandats. Le couple plus ou moins surveillé tente de mener à Londres une vie plus légale en officialisant leur union et lui en travaillant en 1848 dans l’agence de Charles Havas, pionnier en matière de communication.
Mais Paul Reuter ne résiste pas longtemps aux chants de la vénalité et il démissione bientôt pour se substituer aux intermédiaires chargés des travaux d'Havas ; il utilise pour cela de vieilles ficelles de jeunesse et fait en sorte que le réseau télégraphique naissant de Havas soit fabriqué à partir de mauvais matériaux, tandis que les câblages normaux sont volés. Entre-temps, Reuter fonde sa propre société qui fonctionne aux « bons vieux pigeons », puis, au fur et à mesure et avec les matériaux volés à Havas, monte rapidement le plus grand réseau télégraphique qui relie en quelques années Londres à Berlin.
En 1858, au mois de mai, Charles Havas, alors reconverti dans la presse et farouche opposant au Baron, est retrouvé défenestré dans sa demeure à Bougival en France.
En 1863, Paul Reuter a transformé la Grande Bretagne qui n’est plus totalement une île grâce aux câbles.
En 1868, il est amnistié pour ses « erreurs de jeunesse », ainsi que sa femme, par respectivement la Prusse et la Suède. En 1871, il est annobli au titre de Baron de Saxe et de Gotha.

Paul Reuter aura trois fils avec Helga de la Brache, dont l’aîné Paul Reuter II, père du jeune Carl,qui est un génie dans son domaine. Il conçoit un type de manipulateur de télégraphe relié à un petit générateur électrique. Si l’opérateur n’est pas assez rapide pour transmettre un message, son volume capillaire s’en retrouve ostensiblement augmenté. En 1880, dans les bureaux de la Compagnie Reuter, la mode des cheveux ondulés ne semble pas vouloir passer.
La suite de la vie de Jules Reuter et de sa découverte du monde : bientôt.
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Re: [BG uchronique] Italie, Autriche et poteaux télégraphiques

Message par Münsingen » 21 février 2011, 22:46

Egon, ce que tu présentes est intéressant mais ne peut pas se raccorder au monde de la Fée mécanique tel quel pour une raison simple : l'empire austro-hongrois a disparu en 1875 et François-Joseph ainsi que toute sa famille proche ont été tués cette année là par une bombe d'un type inconnu (qui s'est avérée être un projet du père de Mlle d'Estelïs qui a échappé à ses concepteurs -- cf la Fée mécanique/l'Affaire Ravington) :?
En outre, n'oublie pas que de 1874 à 1878, l'Europe toute entière était à feu et à sang...

Au fait, si tu t'intéresses à des choses qui se dérouleront dans le monde de la Fée mécanique après ce qui se passe actuellement dans le RP, tu peux en avoir un aperçu dans "Steam-Marines 1880" (dans le Salon de Lecture ) ;)
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Lt. Cole Blaquesmith
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Re: [BG uchronique] Italie, Autriche et poteaux télégraphiques

Message par Lt. Cole Blaquesmith » 22 février 2011, 12:43

c'est dur à intégrer au BG certes, mais l'idée n'en est pas moins complètement GENIAL^^ Je note pour mes recherches uchroniques et rolistiques^^
The Power of Steam and Steel Will Prevail ,Glory to the Victorian Empire, Long live Britannia!
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Re: [BG uchronique] Italie, Autriche et poteaux télégraphiques

Message par Merle » 23 février 2011, 14:34

Pas grave si l'ensemble de ce qui est présenté ici n'est pas intégrable. Si j'ai posté ça ici, c'est bien pour en parler, piocher ce qui est prenable et changer ce qui peut l'être. Pour ce qui est du BG de la Fée, j'avoue, je n'ai pas lu la totalité des RPs ou des textes, me référant seulement ce qui est présenté comme BG officiel. J'ai un peu zappé aussi l'anéantissement de l'empire austro-hongrois, j'avoue aussi.

Je réfléchis à un remaniement rapide pour correspondre davantage, histoire de pouvoir embrayer sur les autres horizons évoqués.
Autant de motivation qu'une lettre de motivation.
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