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Khin (29/12/2019)

Sergent Duval episode 7

Où l'on laisse libre cours à sa plume mécanique.
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la quadrature
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Sergent Duval episode 7

Message par la quadrature » 05 janvier 2011, 22:12

Une aventure du sergent Quentin Duval
Les Nuageurs


Les deux mains fermement cramponnées sur le tube de cuivre de la rambarde je laissais mon regard se perdre dans l’immensité cotonneuse environnante. Le vent d’Ouest s’étant quelque peu calmé la nacelle du dirigeable recouvrait enfin un peu de sa stabilité. Quelques gouttes de bruine captée au sein du nuage commencèrent à s’agglutiner sur les verres de protection de mes lunettes d’aéronaute.
Dans mon dos j’entendis la porte du poste de pilotage grincer en se refermant puis la forte silhouette de Lantier vint s’accouder silencieusement à mes cotés.
Le commandant ayant mis le bâtiment à la cape en l’attente de nouvelles instructions, seul le bourdonnement étouffé des pales d’hélices tournant à vitesse lente rompait le silence.

« C’est long… » Grognât mon équipier.
« En ces temps de guerre tout repos est bon à prendre. » M’entendis-je lui répondre.
« Sûr, mais c’est long quand même. »
Je reconnaissais bien là l’homme d’action qu’il était, incapable de se poser plus de trois minutes, qu’il soit au combat ou dans sa forge natale d’auvergne à marteler le fer.
« Vous avez une idée de l’endroit où nous sommes Sergent ? »
« Entre Madère et les îles Canaries. »
« C’est bon ça le Madère et puis j’aime bien les petits oiseaux tout jaune. »
« Sacré Lantier… »
« Ben quoi j’ai dit une connerie ? »
« Non mon ami, ne te vexe pas ; j’aime bien tes références géographiques c’est tout. »
« Mouai…Valentin propose une partie de cartes avec Weismann, ça vous dit de faire le quatrième ? »
« Non merci ; je retourne au local radio attendre les instructions ; une autre fois peu être. »

Je retrouve l’opérateur du bord en pleine réception, le casque rivé aux oreilles s’évertuant à alimenter sa machine à décoder de fines languettes de papier perforé issues du récepteur Baudot-Turpain. Le téléscripteur finit par cracher le résultat en clair sur une page d’un papier de piètre qualité. Je l’arrache d’un geste brusque avant de me rendre au pas de charge dans la timonerie.
« Cela bouge enfin Commandant ! La station du Maroc vient de transmettre.»
« Pas trop tôt ! Montrer moi ça Sergent. »
Je vis les rides se creuser sur son front lorsque son visage se contracta.
« Non d’un chien ! Mais ils jouent à quoi les services du renseignement ! »
« Quelque chose qui coince commandant ? »
« Ah ça oui vous pouvez le dire Duval et pas qu’un peu regardez vous-même. » Répondit-il en se ruant sur la table à cartes.

Un rapide calcul mental permet de comprendre la situation. L’information arrivant un peu tard ; notre objectif se trouve déjà quasiment au point d’interception envisagé.
Le pacha ne décolérant pas se mit à aboyer ses ordres à l’intention de l’équipage.
« Navigateur au cent trente sud sud-est ! Les machines avant toute, pression maximum ! Equipage à vos postes ! Remuez-vous bande de moules ! »
« Il est hors de question de se rater sur cette mission sergent, je me fait bien comprendre ? Des suggestions, des idées ?»

Deux semaines que nous maraudons dans les eaux africaine à attendre le passage de ce convoi de navires marchands aux cales débordantes de matières première à destination des ports de l’empire teuton. Il est primordial pour nous de couper cette ressource d’approvisionnements de leurs manufactures guerrières en latex, charbon et minerais divers et variés. Depuis nos précédents raids, les lourds cargos à vapeur ne voyagent plus seuls. Regroupé en convoi ils sont maintenant soutenus dans leur lente progression par une escorte de la Kaiserliche Marine, la flotte impériale du kaiser.
« Le vent s’est calmé mais reste suffisant ; je pense qu’il serait bon de tenter d’utiliser les voiles additionnelles que nous avons embarquées à Marseille afin de gagner quelques nœuds de vitesse.»
« Vous voulez m’achever Duval ? La dernière fois que nous avons essayé ce truc cela s’est soldé par des heures de démêlage ! »
« Sauf votre respect je ne vois pas d’autre solution dans l’immédiat ; nous sommes vent arrière profitons en. »
La carcasse de notre dirigeable s’alignant sur son cap se mit à grincer sous la puissance développée par les hélices, le grondement des chaudières poussées en pression résonnait jusque dans la cabine de navigation. Le cadran de l’anémomètre oscilla poussivement sur les douze nœuds.
Nerveusement le commandant le tapote de l’index en ruminant.
« Allez-y Duval, mais toute force spéciale que vous êtes vous et votre équipe je vous tiendrais pour responsable en cas d’échec ! »

Moins de cinq minutes plus tard je retrouve mes acolytes Lantier, Valentin et Weismann dans ce que nous appelions le pigeonnier. A savoir un cockpit vitré positionné tout à l’avant dans le nez de la structure du dirigeable disposant d’un balcon semi-circulaire cerné d’une rambarde.
« Deux sur chaque voile ; à mon signal on balance la purée ! »
Les boudins de toile sont disposés dans leur longueur et les câbles de tractions fixés aux points d’encrage. Tout comme Lantier, j’assure sur mon épaule le vieux fusil modifié en lance fusée qui va me permettre de projeter le petit parachute de d’extraction.
« Feu ! »
A une cinquantaine de mètres les petites corolles s’épanouissent entraînant à leur suite de longs filins qui à leur tour amorcent le déploiement des deux énormes cerfs volants. En peu de temps ceux-ci se stabilisent.
La pression du vent fait gémir les câbles d’acier qui se tendent avec un angle ascendant d’une vingtaine de degrés. Les cent mètres carrés de voilure sont opérationnels et la masse du dirigeable subit à son tour une accélération certaine.
« Lantier tu t’y colle. Surveillance de l’ensemble, au moindre problème tu largues tout. Valentin et Weismann à la soute arrière vous savez ce que vous avez à faire et ouvrer moi le tube de communication. »

« Navigateur ? »
« Dix huit nœuds commandant et en progression »
Le seul maître à bord après dieu trace des lignes en griffonnant une série de chiffres sur la table à carte.
« Bien joué sergent, votre bazar à l’air d’avoir fonctionné cette fois. »
« Merci commandant. »
« Dans moins d’une heure nous passerons à la verticale d’Antigua. Je pense que le convoi navigue au ras de la cote Marocaine. Nous devrions être sur eux au niveau du goulet de Tarfaya. »
« Oui mais ce coup-ci cela va être une autre paire de manches, la dernière fois leurs navires marchands étaient sans protection et c’était en plein jour.» Rétorquai-je en voyant le soleil plonger sur l’horizon par l’une des baies encrassées de la verrière.
« Et bien je compte sur les diableries d’inventions que l’on vous à confiées Duval. »

Bien gentil tout ça…Les je compte sur vous Duval, les vous êtes responsable Duval…
Et oh je fait partie des forces spéciales moi pas du cabinet des savants fous. Ce n’est pas de ma faute si cela foire un coup sur deux leurs conneries. Pour les miracles voyez directement avec le Seigneur ; moi je fait ce que je peu !

Il est vrai que je suis en rogne lorsque je braille dans le communicateur.
« Valentin… vous en êtes ou dans les préparatifs ? »
« Quasiment terminé Sergent, nous remorquons une véritable grappe de raisins géants ! »
« Allez-y doucement, ce n’est pas de la piquette que vous manipulez. »
Je visualise aisément la trentaine de ballons de toile noire gonflés à l’hydrogène alourdis par leur engin de mort suspendu en place de la nacelle.
Depuis quelques heures déjà suite au naufrage du soleil dans l’immensité océanique une nuit noire et sans lune nous à absorbé.
Le navigateur m’interpelle.
« Nous serons sur zone dans quelques miles Sergent. »

Je remonte au pigeonnier par les échelles à tube.
« Lantier on largue tout. »

Nous nous retrouvons dans l’axe du convoi qui remonte face à nous. Tous feux éteints moteurs coupés avec interdiction d’émettre le moindre bruit. Le dirigeable silencieux glisse lentement dans l’air chaud et humide des tropiques.
Notre élan nous permet d’effectuer un passage à basse altitude tout en larguant le chapelet de ballons chargés chacun d’une bombe armée. Ceux-ci disposent de cinq ou six filins de différentes longueurs terminés à leur extrémité par un aimant de forte puissance. Reste à espérer que la pêche sera bonne et que les équipages en effectifs réduits à cette heure tardive ne remarqueront rien.
Le dernier navire ennemi survolé un large demi-cercle en avant lente va nous permettre de nous positionner sur le flan gauche à bonne distance.


Les hommes me rejoignent sur la plate-forme armés comme des cuirassés.
« A toi de jouer Weismann, allume-moi les chandelles ! »
Le fusil à lunette fait mouche du premier coup sur la petite lanterne vacillante pourtant distante de plus de six cent pieds.
La bombe d’artifice du ballon cible éclate en un nuage de pluie phosphorée embrasant le ciel nocturne révélant les silhouettes des bâtiments sur la mer.

« Feu à volonté ! »
Toutes les mitrailleuses et fusils disponibles à bord ouvrent le tir simultanément.
A l’aide de la longue vue j’aperçois les enveloppes qui se déchirent, hachées menu par tout les plombs qui les prennent pour cible.
Les obus perforants s’abattent alors sur le pont des navires qui sans le savoir remorquaient leur propre mort dévastant tout sur leur passage. La mer se couvre de multiples incendies rougeoyants, d’explosions meurtrières et d’impressionnantes colonnes de fumée.
Le premier effet de surprise passé la Kaiserliche Marine ne reste pas sans réagir.

A suivre... ;)
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Mycroft
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Re: Sergent Duval episode 7

Message par Mycroft » 06 janvier 2011, 07:53

des skypirates ou des steam corsaires? :D
Münsingen
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Re: Sergent Duval episode 7

Message par Münsingen » 06 janvier 2011, 21:20

BASTON ! :D
marius nightmare
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Re: Sergent Duval episode 7

Message par marius nightmare » 06 janvier 2011, 23:43

Fort intéressant, vivement la suite :)
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la quadrature
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Re: Sergent Duval episode 7

Message par la quadrature » 09 février 2011, 20:56

Le premier effet de surprise passé la Kaiserliche Marine ne reste pas sans réagir.
Bien que sévèrement touché le cuirassé de tête est le premier à repérer au loin notre silhouette légèrement éclairée par les brasiers des navires à l’agonie et à ouvrir le feu dans notre direction.
Ce ne sont pas vraiment les canons des tourelles qui m’inquiètent car même réglés en hausse maximum ils seront bien loin du compte ; non ce serait plutôt leurs nouvelles mitrailleuses Krupp qui elles peuvent tirer quasiment à la verticale.
Il est vrai que nous ne nous attardons pas pour jouir du spectacle. Mais même à plein régime nous sommes d’une lenteur exaspérante et risquons de le payer le prix fort.
Les lueurs des premières balles traçantes zèbrent la nuit. Weismann contrairement à son habitude montre des signes évidents de nervosité.
« Pas bon Sergent…Nous sortir de là vite... »
D’un hochement de tête, Valentin et Lantier confirment sans ajouter un mot.

Je m’engouffre dans le poste de pilotage.
« Sauf votre respect Commandant nous devrions ouvrir tous les clapets pour naviguer au ras des flots en urgence ! »
« Je connais mon bâtiment Sergent ! Rien à redouter à cette distance. »
Ironisant ses propos une vitre du cockpit vole en éclats alors qu’un des hommes d’équipage s’effondre avec un trou gros comme mon poing dans la poitrine maculant de sang le visage de l’officier.

La structure du dirigeable grince, craque et gémit dans l’infernale descente qui nous fait passer d’une altitude d’environ deux mille pieds au niveau de la mer.
Durant les courtes minutes que dure la chute nous essuyons de nouveaux impacts et je perçois distinctement des déchirements de l’enveloppe.
Malgré les efforts déployés par le pacha braillant dans les tubes des communicateurs de fermer les soupapes et d’envoyer tout le gaz disponible cela sent la catastrophe imminente.
Je rassemble les gars dans une coursive.
« C’est foutu ; nous allons taper ; tout le monde au pigeonnier ! »

En réalité nous ne ressentons que le premier choc qui nous fait rebondir à la surface nous expédiant cul par-dessus tête dans les eaux de la méditerranée.
Au deuxième la structure du géant s’effondre littéralement sur elle-même en un fracas terrifiant. Bizarrement l’ensemble ne coule pas ; maintenu à flot par quelques poches d’air et de gaz ressemblant ainsi à une énorme méduse que l’on aurait piétinée échouée sur une plage.
Dans l’horreur de cette catastrophe quelques cris d’appel à l’aide retentissent.
Lantier jure comme un charretier qu’il ne me suivra plus dans aucune mission comportant ne serais ce qu’une flaque d’eau !
Lamentable, pitoyable ! Nous nous retrouvons agrippés à un énorme morceau d’enveloppe dérivant au large de la cote.


;)
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Re: Sergent Duval episode 7

Message par marius nightmare » 09 février 2011, 21:02

C'est tout?
Vilain, après tant d'attente c'est cruel XD
En tout cas, j'imagine très bien la méduse ^^
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Re: Sergent Duval episode 7

Message par Münsingen » 10 février 2011, 08:02

Ne t'inquiète pas, Marius, je subodore que Duval et ses amis n'ont pas dit leur dernier mot ;)
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Re: Sergent Duval episode 7

Message par la quadrature » 10 février 2011, 23:38

Lamentable, pitoyable ! Nous nous retrouvons agrippés à un énorme morceau d’enveloppe dérivant au large de la cote Marocaine.
A quelques milles de là les lueurs des incendies ravageant les bâtiments du convoi qui n’ont pas sombré illuminent encore la nuit.
Nous nous retrouvons une petite dizaine d’hommes, nous affairant à rassembler un maximum de débits flottants en surface avant de réussir à les ceinturer à l’aide des toiles déchirées constituant ainsi un radeau presque digne de ce nom. Le premier problème est que dans le goulet de Tarfaya les courants ont tendance à nous éloigner de la cote ; le second est que nous ne disposons d’aucun moyen de propulsion.
Je songe à tout ce qui vient de se passer, essayant de me remémorer le nombre de bâtiments que nous avons touché. Je pense que la totalité des cargos de marchandises ont été détruits, le cuirassé de tête quant à lui doit être sérieusement atteint. Il reste sûrement les trois petits bâtiments d’escorte de la Kaiserliche Marine qui eux se trouvaient plus sur les flanc et en queue de convoi.

Le Gwenru, officier Breton s’il en est avec un patronyme pareil se met à brailler.
« Canot en vue ! »
Un doris monté d’un équipage de survivant ayant sûrement préféré abandonner le navire avant qu’il ne soit trop tard s’approche dans notre direction.
Devant l’état hagard des hommes je m’impose.
« Ceci messieurs peu être notre salut. Rappelez vous de votre enfance et de ses jeux innocents ; et bien cette fois les pirates se sera nous et pour de vrai cette fois ci ! Ecouter moi attentivement. »
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Le matelot posté à l’avant de l’embarcation manœuvre avec précision le petit projecteur à carbure, balayant la masse flottante sur laquelle repose des corps aux postures torturées portant uniformes Français.
D’un geste de la main il se signale au bosco qui à son tour ordonne de lever les avirons.
« Heben sie ihre paddel ! »
Le doris chargé de douze hommes court sur son erre jusqu’à toucher le radeau, à l’aide d’une gaffe un autre écarte des corps flottants sur le dos alentour.
Hormis un léger clapot ; c’est un silence de mort qui plane en ces lieux. Pas une âme qui vive ici.
Ce moment d’indécision dans la conduite à tenir va leur être fatal.

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Lentement les corps flottants se retournent puis se cabrent pour plonger à la verticale. Et c’est simultanément Valentin, Weismann et moi que nous jaillissons contre le plat bord bras tendu prolongé de baïonnettes qui atteignent leur cible. Les macchabées du radeau ressuscitent à leur tour se lançant à l’abordage. Surprise totale ; pas de quartier n’y d’état d’âme. En un instant le sang coule à flot éclaboussant les hommes de quelque camp qu’ils soit puis la vague de mort passé le silence reprend ses droits.
« Echangez vos frusques, rhabillez les avec nos uniformes et foutez les sur le radeau. »
« Le Gwenru, en tant que Breton vous savez naviguer ? Réorganisez-moi cette galère ! »
;)
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Re: Sergent Duval episode 7

Message par marius nightmare » 11 février 2011, 01:30

Franchement, très pirates, encore, encore ^^
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Re: Sergent Duval episode 7

Message par Mycroft » 16 février 2011, 20:00

:D
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