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Olivia Maekénice

Où l'on laisse libre cours à sa plume mécanique.

Olivia Maekénice

Messagepar OliviaMaekénice » 17 Avril 2015, 12:39

Bonjour, ce texte, que l'on pourrait considérer comme "quatrième de couverture" m'a été demandé au sein de l'équipage du Blackstorm, afin d'expliquer comment je suis arrivée sur ce navire. Je me disais qu'il aurait sa place ici. Peut être que le texte s'enrichira dans les semaines à venir.... Bonne lecture!


Je suis enfant d'une famille bourgeoise anglaise. Dès l'enfance on m'a initiée aux bonnes manières. A la tenue impeccable en société. Je devais apprendre la danse avec minutie, pendant que je rêvais en regardant les garçons faire de l'escrime.

Je n'ai jamais aimé cet environnement répugnant, où ces béotiens s'empiffrent pendant que la populace crève la gueule ouverte. Je fuguais très souvent, pour toucher du bout des doigts cette liberté qui m'ouvrait les bras. Cela m'a valu d'être enfermée dans les caves du domaine où j'habitais. J'avais 15 ans. Pendant que je mangeais du pain rassis, vêtue de haillons et me lamentais de cette entrave dont j'ai toujours voulu échapper, mes parents me rendaient visite.

Captive dans ces murs humides, ils continuaient à m'enseigner les "codes de bonne manière". Avoir le dos courbé me valait 5 coups de bâton. Ne pas avoir un langage impeccable . On m'obligea même à sourire, et si le sourire ne satisfaisait pas mère, j'avais droit à la cravache du cheval. 2 fois. A chaque repas du soir de la famille, j'étais conviée. Je devais rester à genoux, avec les encyclopédies de la maisonnée sur la tête, pendant qu'eux mangeaient les plats mijotés de leur cuisinier.

Très souvent, ma sœur prenait un malin plaisir à venir me narguer. Mère et père riaient et la rappelaient à la table. Une fois le repas terminé, je devais retourner dans la cave, j'avais enfin ma ration de pain quotidienne. Au bout d'un an, j'étais devenue un robot bourgeois. Je pus enfin sortir de cette cave. Ma peau était devenue grise avec la noirceur de l'endroit. J'étais devenue excessivement sensible à la lumière et il me fallut une semaine pour pouvoir sortir à nouveau, sans avoir besoin de verres fumés très épais.

Mes parents étaient très fiers de moi, une fille parfaite, que la plupart des gentilshommes de la région convoitaient. Un jour ma sœur mourut brutalement dans les escaliers. Elle se serait pris les pieds dans le tapis dit-on.... J'ai hérité de sa chambre après ce tragique décès. La plus grande et la plus prestigieuse du domaine. Le malheur semblait être tombé sur ma famille. Quelques mois plus tard, c'était au tour de mon père. Il fut retrouvé mort dans son lit, d'après les médecins il a simplement arrêté de respirer dans son sommeil.

Après cela, un certain Chiddester me contacta. Il voulait me rencontrer, disant que l'on parlait beaucoup de moi par delà les frontières, comme le bel oiseau en cage que tout le monde désire. Je me suis questionnée sur cet étranger, et ai demandé à mère si l'on pouvait l'inviter quelques temps. On lui proposa une petite maison du domaine, qui lui a convenu parfaitement. Bien qu'il était aussi noble, il se contenta de cette modeste demeure. Nous sommes devenus rapidement très proches. Un matin, le valet de chambre trouva le corps d'une cuisinière, morte ébouillantée. Il y eut une enquête mais elle ne dura pas très longtemps, car non seulement ce n'était qu'une servante mais en plus elle était noire.

Un soir, alors que nous nous baladions à cheval, Chiddester me prit par la main. L'embrassa et me chuchota à l'oreille: "Je t'aime. Veux tu m'épouser?". Je fondis en larmes. Je courus jusqu'à la maison, et annonça la bonne nouvelle à mère. Elle s'est mise à hurler et m'a jeté un verre. J'ai alors empoigné le coutelas que je cachais dans mon corsage qui m'étouffais depuis des années, et je me précipitai sur sa gorge. Après cela je me suis enfermée à l'étage. J'ai déchiré le bas de cette robe dans lequel je me prenais les pieds et arraché ce corset qui me broyait les côtes depuis des années. Les domestiques avaient appelé la police, et elle tambourinait à la porte. Je leur hurlai qu'ils n'avaient eu que ce qu'ils méritaient, ces fesse-Mathieux ! A m'avoir enfermée dans cette cave, torturée pour ma conduite! Je sautai par la fenêtre. Mes jambes se sont fracassées sur le sol. Mais Chiddester, mon bon Chiddester m'attendait en bas. Il m'aida à m'enfuir.

Je vis un médecin qui me soigna, mais son verdict était sans appel: mes jambes allaient être atrophiées à vie. Chiddester m’amena alors chez un de ses amis. Un homme qui fabriquait des objets. Le genre d'objets qui lui aurait valu la prison ou pire. Il me fabriqua des "extensions" de jambes, en métal. Ces extensions, allaient soutenir mes muscles et mes jambes, me permettant de me mouvoir à nouveau. Mais elles me limitaient beaucoup: elles étaient très visibles, et donc je ne pouvais les utiliser en public . J'étais connue dans toute l'Angleterre dorénavant, il était impossible pour moi de me montrer au jour. J'avais pris une décision. Partir en Amérique, tenter ma chance là bas. Je devais pour cela abandonner Chiddester. Je me levai très tôt un matin, enfilai mes jambes mécaniques et courus à toute vitesse.

Je rejoignis un passeur au port, que je payai grassement avec l'argent que j'avais volé à Chiddester. Pendant la traversée, il y eut une tempête terrible, qui plongea le navire dans le chaos. Nous sombrâmes sur des rochers et je pus rejoindre un bout de planche, sur lequel je m’agrippais de toutes mes forces. Je fus à la dérive pendant un temps incalculable. Un matin, je sentis quelque chose qui me touchait. C'était un bâton tenu par un homme. Je gémis. Je sombrai. Et me réveillai dans une pièce sombre éclairée par une bougie. Toujours avec ces extensions mécaniques accrochées à ces deux misérables baguettes qui me servaient de jambes. J'avais été repêchée par le Captain Smoke et son équipage.
Une fois réveillée je fus présentée à son médecin, qui observa mes jambes avec attention. Il parti et revint avec une décoction infâme. Je devais boire cet immonde breuvage pendant un mois entier. Pendant ce traitement, je pris le poste d'éclaireur.

Dès qu'une île est détectée, je suis envoyé sur place avec mes jambes mécaniques et un fusil de défense. Mes jambes artificielles me permettent de courir très vite en cas de danger. Je parcours un certain périmètre et reviens au navire, si l'île est sécurisée nous accostons et nous nous ravitaillons. Après le mois de traitement, j'ai eu l'impression d'un miracle. Mes jambes, autrefois pitoyables, affreusement maigres, étaient redevenues normales.

Le Docteur avait fait un travail remarquable. Je peux à nouveau fouler la terre ferme. Lorsque nous allons en port, j'abandonne mes jambes de métal, et j'avance sans aucune aide quelconque. Le soir, je reste rêveuse, appuyée sur le bord du pont. Je rêve. Je rêve à mon Chiddester. Je me brise le cœur à l'imaginer avec une autre femme, avec des enfants, heureux avec quelqu'un d'autre que moi tout simplement. Je rêve aussi à ma liberté. Car malgré cette vie d'errance et de voyage constant, je suis toujours attachée à quelqu'un, à un équipage entier.
Un petit poisson et un petit oiseau s'aimaient d'un amour tendre, mais comment s'y prendre, quand on est dans l'eau?
https://www.youtube.com/watch?v=JES_PMqSuLQ&list=UUxcKM--SuDgf8h6tOtjecAg
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OliviaMaekénice
 
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