Schweintrog 1876, une aventure du C.al Mumu

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Schweintrog 1876, une aventure du C.al Mumu

Message par Münsingen » 10 janvier 2010, 22:56

« Vous finirez par apprécier [cette guerre] » -- Sergent-Major Gédéon Cavelier, 317e section aéroportée des forces spéciales du IIIe Empire français, 1875.

* * *

C'était au début de l'automne 1876 et, pour une fois, la mission s'était déroulée sans accroc.


La section avait été parachutée près du village mosellan de Schweintrog, occupé depuis 1870 par les Prussiens. Un escadron de blindés avait commis l'erreur de s'y arrêter, à quelques kilomètres à peine de la ligne de front. L'ennemi, incapable d'opposer une véritable résistance aux forces spéciales qui leur étaient tombées sur le dos par surprise, avait été réduit au prix modique de trois tués (dont un par le mauvais fontionnement d'une grenade) et de deux blessés graves. Les Prussiens capturés avaient été enfermés dans une grange et leurs blindés, des « Panzerkampfwagen Delta » à peine sortis des usines de la Ruhr, avaient été neutralisés à l'aide de quelques charges bien placées.
Cependant, comme Schweintrog était en territoire ennemi, le lieutenant Antoine-Isidore Gerbier de la Motte – qui remplaçait Brognac tué l'année précédente à Chauderoche – avait chargé ses première et deuxième escouades d'établir un périmètre de sécurité à la périphérie du village.
Le soldat 1e classe Eustache « Mumu » Murville s'était donc vu intimer l'ordre de s'embusquer en binôme avec le soldat Erwan Dantec, une jeune recrue qu'il appréciait car son franc-parler lui rappelait un peu son ancien ami « Tête Brûlée », qui avait fini (ô ironie du sort !) carbonisé par un lance-flammes à la fin de l'année précédente.


La nuit lorraine était frisquette et les deux hommes bavardaient pour tuer le temps en attendant la relève. Un petite affluent de la Moselle clapotait non loin de leur position.
« Alors ça y est, Mumu, tu as survécu à ta première année de guerre ! »
« Oui, enfin, je me suis en réalité engagé dès 1862, à l'époque où tu marchais encore à quatre pattes... »
« Putain ! Y a quatorze ans ! Et t'es encore que soldat 1e classe ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« A l'époque, j'avais devancé l'appel pour m'engager dans les fusiliers marins. Mais dès 63, j'ai été capturé par les Yankees alors qu'on escortait un convoi de ravitaillement envoyé par Napoléon III à la Confédération américaine. Du coup, j'ai passé toute l'année 64 et le début de la suivante à combattre les Confédérés dans les rangs yankees. »
« T'as été « Tunique bleue » ? »
« Ouais, dans les Marines. Mais j'ai été capturé par les Sudistes début 65 et j'ai fini la Guerre de Sécession dans un camp de prisonniers près d'Atlanta. »
« Et après ? »
« Après ? J'ai pris mes distances avec l'armée et j'ai... navigué à mon compte. »
« On raconte que t'as été pirate dans les Caraïbes, c'est vrai ? »
Pour toute réponse, Murville haussa les épaules.
« Mais on t'a pas fait d'histoire quand t'es rentré t'enrôler l'année dernière ? Parce que, en principe, on aurait dû te considérer comme un déserteur, non ? »
« Tu sais, l'armée impériale était dans un tel marasme qu'elle était plus trop regardante sur ses nouvelles recrues : si le roi Louis II d'Edelstadt était resté neutre et n'avait pas pris en tenailles les forces prussiennes d'Alsace en les attaquant depuis le Palatinat et le Pays de Bade fin 74, les Prussiens auraient gagné cette guerre aussi facilement que celle de 70. Du coup, quand j'ai débarqué à Nantes en 75 en disant que j'étais un Français expatrié qui voulait faire son devoir, personne ne m'a vraiment posé de question sur mon passé... »
« Qui vive ! » lança soudain Dantec qui avait vu une ombre s'approcher de leur position.
« C'est moi : Jacques ! Tirez-pas ! Le caporal veut que vous rappliquiez : on a repéré du mouvement venant du Sud-Est ; une escouade boche qui marche droit sur nous... »
« Et merde ! »
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Re: Schweintrog 1876, une aventure du C.al Mumu

Message par Münsingen » 10 janvier 2010, 23:00

Les trois hommes décrochèrent en silence et rejoignirent le caporal Frisolon occupé à donner par signes des instructions aux cinq soldats qui constituaient le reste de l'escouade : Cléry, Durant, Martin et Petitbidois, ainsi que celui que tout le monde surnommait « l'Aumonier ».
A peine eurent-ils le temps de se déployer autour du chemin creux qui menait à Schweintrog que les cibles étaient en vue : une dizaine d'hommes qui avançaient serrés les uns contre les autres en échangeant des murmures en allemand.

« Feu ! » hurla Frisolon.
Les neuf Français tirèrent quasiment à bout pourtant, ne laissant aucune chance à l'adversaire. En quelques secondes, le combat était terminé.
« Murville, Cléry, allez aux résultats ! » aboya le caporal.

Le soldat 2e classe Cyprien Cléry n'en menait pas large lorsqu'il revint faire son rapport.
« Caporal, je crois qu'on a fait une erreur : les gars qu'on vient de tuer portaient l'uniforme d'Edelstadt... »
« Quoi, on a buté des alliés ?! » s'étrangla Frisolon.
« Ben, on dirait bien, caporal... »
« Mais ils parlaient allemand, ces cons-là ! »
« Ce qui est assez normal pour des Edlestadtiens dont le roi s'appelait encore Louis de Bavière il y a quelques années... » fit valoir Murville.
« Paix à leurs âmes » conclut l'Aumônier.
« Caporal, il y a un survivant ! » cria quelqu'un.
Frisolon hésita.
« Si ce gars-là raconte que c'est nous qui leur avons tiré dessus, on risque la Cour martiale. Il est donc préférable qu'il n'y ait pas de survivant... »
Ses huit soldats développèrent soudain un intérêt manifeste pour leurs pieds...
« Murville, achève-le, ça t'apprendra à faire la malin ! » ordonna le caporal.

L'intéressé s'approcha de la forme qui gémissait sur le bas-côté de la route, près du soldat 1e classe Louis Martin, et alluma son briquet.
La surprise s'afficha aussitôt sur son visage.

« Caporal, c'est une femme. »
« Et alors, Murville, qu'est-ce que ça change ? »
Murville et Martin échangèrent un long regard. Cela faisait plus d'un an qu'ils subissaient les bassesses de Frisolon, qui était encore moins populaire que le sergent-major Cavelier dans l'escouade... Murville lut la connivence dans les yeux de son camarade.
Il se retourna et logea deux balles dans le ventre du caporal en criant : « Accident de tir ! »
Par pur réflexe, le reste de l'escouade plongea à couvert.
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Re: Schweintrog 1876, une aventure du C.al Mumu

Message par Münsingen » 10 janvier 2010, 23:04

« Putain, Mumu, t'es malade ? s'écria Jacques-le-Puceau. Tu vas être fusillé ! »
« Qu'est-ce que tu racontes, Jacques ? s'indigna Martin en levant légérement son mousqueton vers lui, le caporal s'est fait descendre par un tir de riposte edelstatien. C'est con mais c'est la vie... »
« C'est ce que j'ai vu moi aussi » mentit Cléry ; ce que confirmèrent aussitôt Dantec, Durant, Martin et Petitbidois.
« L'heure du caporal avait sonné » constata simplement « l'Aumônier » en se signant.
« Eh bien que le Diable emporte cet enfoiré ! » conclut Jacques-le-Puceau en offrant une cigarette à Murville.

Ce dernier, encore un peu choqué par l'acte qu'il venait de commettre, s'accroupit près de la blessée.
« Elle a une balle dans le bras mais elle devrait s'en sortir. Est-ce que quelqu'un parle le boche parmi vous ? »
« Je parle le français » émit alors la femme avec un léger accent bavarois.
« Mais qu'est-ce que foutiez là, Madame, sauf votre respect ? »
« J'étaits cantinière à bord du zeppelin « Otto-der-Erste ». Le vent nous a entraîné au delà des lignes prussiennes et nous avons été abattus. Avec d'autres survivants, nous tentions de regagner le Sud-Est. »
« Sauf que vous marchier plein Nord-Ouest, constata Martin, vers le front franco-prussien.
« Et que, ce faisant, vous êtes arrivés droit sur nous... qui vous avons pris pour des Prussiens... »
« Ce sont des erreurs qui arrivent à la guerre » conclut tristement la femme.
Les huit Français se regardèrent, perplexes.

« Je vais vous conduire à notre lieutenant, dit Murville. Il va s'occuper de vous. En revanche, nous vous serions reconnaissants de confirmer que notre caporal a bien été tué au cours de l'accrochage. »
« Ne vous inquietez pas : j'ai entendu ce qu'il a dit avant que vous ne le tuiez » dit la femme en lui adressant un sourire reconnaissant.
Murville l'examina un instant : elle avait un visage un peu empâté mais encore agréable à regarder et de grands yeux clairs. Elle respirait tant la féminité qu'il se sentit envahi par un étrange malaise. Et il constata que les yeux de ses camarades luisaient d'une convoitise qu'ils avaient du mal à dissimuler.
« Allons-y » dit-il en la prenant par son bras valide.
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Re: Schweintrog 1876, une aventure du C.al Mumu

Message par Münsingen » 10 janvier 2010, 23:08

Le lieutenant Gerbier de la Motte, ancien réserviste rappelé sur le front suite à l'hécatombe que subissaient les officiers subalternes depuis le début de la guerre, faisait partie de ces familles « Vieille France » qui considéraient la galanterie comme partie intégrante du savoir-vivre national.
Il prit donc toutes les mesures pour que la jeune femme fût non seulement soignée, mais de surcroit traitée en tant que « personne du beau sexe ». Quant à la mort du caporal Frisolon, elle n'eut pas l'air de beaucoup l'affecter : il consigna l'information dans le cahier qui lui permettait de tenir le compte des hommes qui recevraient la médaille militaire à titre posthume et chargea le sergent-major Cavelier de désigner un nouveau caporal au sein de la première escouade – en l'occurrence, le soldat Louis Martin qui était le seul de l'escouade à n'avoir été ni tué ni démobilisé pour blessure depuis le début de la guerre.


De son côté, Murville se vit assigner jusqu'à nouvel ordre à la tâche de veiller la jeune femme.
Cette mission aurait pu lui paraître un peu humiliante mais, dans la mesure où elle lui permettait de passer le reste de la nuit dans la soupente d'une maison du village (évacué par les civils quand les blindés prussiens s'y étaient arrêtés) plutôt que dans le froid à l'extérieur, il ne s'en plaignit guère.
Confortablement assis dans un fauteuil près du lit où la blessée avait été couchée, il fumait en essayant de ne pas penser au meurtre du caporal Frisolon, ni au fait qu'il se trouvait à quelques centimètres d'une femme et qu'il n'en avait pas touchée une seule depuis des semaines.


Il s'aperçut alors qu'elle était éveillée et qu'elle dardait sur lui ses grands yeux clairs.
« Pourquoi vous êtes-vous engagée dans cette guerre ? » lui demanda-t-il à brûle-pourpoint.
« Mon homme était dans les Uhlans bavarois. Il a été tué en Rhénanie l'année dernière et je me suis engagée en souvenir de lui... Et vous ? »
« Par connerie patriotique. Jusqu'au début de l'année dernière, je naviguais dans les Caraïbes... et j'aurais mieux fait d'y rester. »
« N'avez-vous jamais eu l'idée de quitter cette guerre ? De vous rendre, par exemple ? »
Murville comprit soudain.
« En réalité, vous et vos camarades ne cherchiez pas à regagner les lignes edelstatiennes ! Vous vouliez juste vous rendre aux Prussiens pour échapper à cet enfer, c'est ça ? »
Il comprit, au tressaillement de la femme, qu'il avait vu juste. Elle ne dit rien mais ses yeux semblaient avoir encore augmenté de volume : il y lisait la peur, mais aussi autre chose...
Murville tendit la main et lui toucha la joue. Elle était brûlante. La fille frémit à ce contact. Sans plus réfléchir, il passa sa main dans ses cheveux soyeux et elle ferma les yeux en soupirant. Il se pencha sur elle et dégraffa la veste qui comprimait sa poitrine soudain gonflée par le désir, puis son corsage. La fille gémit doucement.


Ils s'aimèrent vite et maladroitement, comme deux animaux effrayés qui n'étaient pas sûrs de voir le jour suivant se lever.
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Re: Schweintrog 1876, une aventure du C.al Mumu

Message par Münsingen » 10 janvier 2010, 23:12

L'attaque eut effectivement lieu à l'aube.

La perte de contact avec les panzers avait mis la puce à l'oreille au commandement prussien qui avait chargé toute une compagnie de Kommado d'encercler Schweintrog puis de lancer une attaque dès que la lumière du jour le permettrait. Les quatre sections donnèrent l'assaut simultanément depuis les quatre points cardinaux, avec l'appui de mortiers légers et de triporteurs-mitrailleuses.
Gerbier de la Motte savait le combat désespéré mais il tenta le tout pour le tout : il ordonna à ses hommes de se retrancher dans les maisons et de tuer un maximum d'ennemis pour leur saper le moral.


Murville observait l'action depuis la fenêtre de sa soupente.
« Ils ont des canons et des mitrailleuses : nous n'avons aucune chance » murmura-t-il d'une voix lugubre.
« Nous ferions mieux de nous rendre » dit la femme en reboutonnant sa veste.
Le soldat secoua la tête.
« Je me suis déjà rendu deux fois dans ma vie. J'en ai marre de perdre des guerres. Et puis cette guerre-là n'est pas comme les autres : je m'y suis trop investi pour renoncer si facilement. »
Il lança un regard brûlant à la femme.
« Nous pouvons gagner le toit de la maison puis ceux des granges voisines et essayer de fuir par la rivière. Le courant nous portera plein nord. La frontière luxembourgeoise n'est qu'à un jour ou deux de distance. Nous serons en territoire neutre et de là, nous pourrons passer en Belgique et puis rentrer en France. »
« Pour retourner au front se faire tuer dans un mois ou dans un an ? Mais à quoi bon ? » demanda la femme.
« Je sais pas » répondit Murville.
Il boucla le ceinturon auquel était fixé son sabre, ramassa son fusil et embrassa la femme avec une violence désespérée.

Puis, sans se retourner, il gagna l'escalier qui menait au toit de la maison.
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Re: Schweintrog 1876, une aventure du C.al Mumu

Message par Münsingen » 10 janvier 2010, 23:13

Alors qu'il se cramponnait aux ardoises pour s'approcher à portée de saut des toits des granges voisines, il aperçut un soldat prussien qui s'avançait vers la maison d'une démarche raidie par la peur, un lance-flammes à la main...
Il aurait pu le mettre en joue avec son mousqueton mais, ce faisant, il aurait risqué de perdre l'équilibre ; sans compter que les Prussiens n'auraient pas manqué de l'apercevoir et de le tirer à vue.
Il ne fit donc rien et laissa le Kommando presser la détente de son engin de mort. Un jet de feu liquide pénétra par les fenêtres de la maison, qui se transforma instantanément en brasier.

La chaleur et la fumée montèrent jusqu'à Murville, qui s'empressa d'atteindre l'extrémité du toit et de sauter sur celui de la grange la plus proche.
Il passa à travers le toit de chaume, qui freina heureusement sa chute, et atterrit dans une auge à cochons.
Les hurlements de la fille prise dans l'incendie lui vrillaient les oreilles et il ne put s'empêcher de vomir à l'idée de ce corps blanc et tendre dévoré par les flammes.

Puis, comme une ombre, il se glissa entre les granges en priant pour ne rencontrer aucun Prussien sur sa route.
Evidemment, il en rencontra un : un Kommando qui, dans l'angle d'une maison, était occupé à recharger un de ces redoutables fusils mitrailleurs « MG Vulcan » mis en service au début de l'année. Murville, lui administra un coup de crosse en plein visage, lui prit son arme et continua sa course.
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Re: Schweintrog 1876, une aventure du C.al Mumu

Message par Münsingen » 10 janvier 2010, 23:15

Arrivé sur la berge de la rivière, il tomba cette fois sur deux ennemis chargés de garder un mortier et les mitrailla à bout portant. Les deux hommes, deux blondinets à peine sortis de l'adolescence, moururent avec le même regard surpris que leur camarade.
Des balles se mirent à crépiter autour de Murville qui, sans se retourner, sauta dans l'eau et se laissa emporter par le courant.

Il parvint non sans mal à se débarrasser de ses armes, dont le poids l'entraînait déjà vers le fond, et refit surface en remerciant le ciel d'avoir fait de lui un marin pendant dix ans.
Il parvint d'ailleurs à trouver un tronc auquel il s'accrocha à l'aide de sa ceinture pour poursuivre le long périple qui le mena d'abord dans la Moselle puis au grand duché du Luxembourg.

Enfin, au bout d'un temps qui lui parut interminable, il se laissa tomber sur la berge, épuisé, affamé et brûlant de fièvre.
Des pécheurs le trouvèrent et l'emportèrent au monastère voisin, où lui furent prodigués les premiers soins.
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Re: Schweintrog 1876, une aventure du C.al Mumu

Message par Münsingen » 10 janvier 2010, 23:16

« Mon fils, c'est un miracle que tu sois arrivé jusqu'ici vivant, lui dit l'abbé quelques jours plus tard alors que son état commençait à s'améliorer. Pourquoi tiens-tu à rentrer dans ton pays en guerre ? Dieu a voulu que tu survives, seras-tu assez orgueilleux pour refuser sa volonté et retourner te battre malgré tout ? »
« Je vous suis reconnaissant de m'avoir sauvé la vie, répondit Murville. Mais je ne peux pas rester ici pendant que mes frères d'armes continuent à se battre plus au Sud. »
« Il y a dans ce monde tellement de choses plus intéressantes et plus nobles que la guerre, mon fils. Pourquoi t'obstiner à vouloir faire une chose que Dieu a toujours réprouvé ? Pourquoi vouloir demeurer Caïn quand tu pourrais rester ici et devenir Abel ? »
« Parce que j'ai fini par apprécier cette guerre. »
« Dieu te pardonne, mon fils » conclut tristement l'abbé.
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Re: Schweintrog 1876, une aventure du C.al Mumu

Message par Münsingen » 10 janvier 2010, 23:18

Murville ne sut jamais comment étaient morts le lieutenant Gerbier de la Motte, ni le sergent-major Cavelier, ni les soldats Cléry, Dantec, Durant, Martin, Petitbidois, « Jacques-le-Puceau » et « l'Aumonier », ni les hommes des quatre autres escouades qui avaient formé sa section, du reste...
Il ne sut d'ailleurs jamais si tous étaient vraiment morts car certains avaient peut-être été simplement capturés ou étaient parvenus à s'échapper.

Lui-même regagna la France dans les derniers jours de l'automne 1876 et fut aussitôt affecté à bord du zeppelin « Général Murat » -- le « Maréchal Ney ayant été entre-temps abattu, lors d'une mission de reconnaissance dans le sud de l'Alsace.

Murville ne sut jamais non plus le nom de cette femme edelstatienne avec qui il avait partagé une nuit dans le village mosellan de Schweintrog.
Mais il avait compris une chose : comme le lui avait prédit le sergent-major Cavelier un an plus tôt, il était devenu dépendant de cette « Grande Guerre » qui durait depuis 1874 et qui avait fini par le rendre fou.
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Re: Schweintrog 1876, une aventure du C.al Mumu

Message par Münsingen » 10 janvier 2010, 23:19

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