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[inspi janvier] Mode illustrée

Où l'on laisse libre cours à sa plume mécanique.

[inspi janvier] Mode illustrée

Messagepar Mändelia Von Nobel » 16 Juillet 2013, 16:18

Sézanne, au lycée du Champ-Benoist. 117eme année, lundi 3 janvier.

Dans la salle commune des classes de 10 et 11eme; un groupe d'adolescentes de 15 ans commentaient « La mode illustrée», en vente depuis quelques heures, pour quelques sous:
« Et bien, si c'est que portent les actrices de cinéma, moi je la veux cette robe!
-Elle coute cher! C'est dans les moyens de Mändelia von Nobel; mais elle.....elle ne sait pas ce qui est beau.
-Je ne la comprends pas cette fille, fit une autre; pourquoi elle refuse d'être comme tout le monde. Elle est bizarre.
– Non seulement elle ne s'habille pas comme nous, elle ne fait pas les même choses non plus. C'est vrai quoi elle n'a pas de télégraphe sans fil miniaturisé. Fit une petite blonde trapue saucissonnée dans un serre taille; qui tapotait sur son appareil en permanence et lançait ponctuellement et régulièrement d'un cri « c'est mon cheri qui m 'écrit »
– Pourquoi elle en aurait un......il y a les télégraphistes ou le papier et un crayon !, fit une rousse d'un air hautain avachie dans une chaise à accoudoirs, les jambes croisées, avec un corset vert pâle en satin sur une tunique de mousseline beige; des ongles manucurés, les bouclettes bien rangées.
– J'ai pas fini ....comment elle peut ne pas aimer lire; Passion d'amour. Fit une brune avec une tignasse frisée et coiffée comme un caniche de salon. Avec une robe de poupée rose décoltée et un corset blanc.
– C'est vrai ! Moi j'adore. Laura et Jack. Il vont se marier. Oh ils auront des enfants et vivront dans une grande maison, de rêve, à Monaco »


Melle Von Nobel en 9 eme; passait près de ces jeunes filles sans rien dire, mais n'en pensait pas moins. Elle gardait une allure digne, en ces circonstances. Elle se savait petite et se faisait grande. Les filles lui reprochaient depuis toujours son coté garçon manqué, mais elle l'affectionnait et de plus en plus l'accentuait. Elle portait soit une jupe ou plus souvent marron, rouge ou noire, sur un gilet étroit, un chemisier blanc et son éternelle casquette gavroche sur sa longue chevelure blonde.
Elle ne lisait pas ces feuilletons sentimentaux. Mais plutôt des romans d'aventure, de science fiction, des polars....depuis plusieurs années. Elle n' a pas changé ses gouts en grandissant comme beaucoup de jeunes filles entrant en 8 eme; loin de là ! « Pourquoi, changer pour plaire aux autres et faire ce qu'on aime pas ? »; se disait elle déjà à 14 ans.
Son cousin Nicolas Stromboli, était du même avis, avait ce même tempérament; beaucoup plus cynique, corrosif.... « Elles jaquettent, elles caquettent..... je te jure, un jour je ramènerai des miettes de pain ou.... des graines. Ça me démange de le faire.
-T'exagères ! »Lui répondit Mändelia, le sourire jusqu'aux oreilles, impatiente de voir la scène ! Qui ne manquait pas de rajouter:
« Et tu leur lancera en disant petites, petiteeeees, peeetiiiites........ »


Quelques semaines plus tard les deux cousins, installés sous leur tilleul avec une vue plongeante sur le groupe de filles qu'ils surnommaient les pies.
«-Elles ne portent plus le tutu avec le corset. Non .......Regardes un peu. J'ai voulu m'instruire ce matin, tenté de comprendre leur monde, pourquoi elles changent leur manière de s'habiller chaque année, comme de culotte chaque jour.
-En effet ça nous fait une intéressante étude sociologique.....ou plutôt zoologique, opina le jeune garçon.
-C'est vrai, avançait sa cousine; elles me font penser au paon, elles se parent des derniers atours en vogue pour séduire un mâle en vue de s'accoupler. Et si la mode change chaque année ou pourquoi pas chaque mois, elles sont prêtes à tout pour...quitte à se ruiner.»
Fanny une grande brune toute menue et joufflue de12 ans, précoce intellectuellement déjà en 10 eme, éternellement habillée en noir et dentelles; affectionnant la littérature Baudelairienne arrivait et se joignait à eux:
« Quitte à se rendre ridicules, aussi.
-C'est notre opinion, ça... Mais pour elles c'est nous qui sommes bizarres. C'est exactement comme ça que je l'ai entendu de leur bouche.
-Pour nous l'important c'est d'être ce qu'on veut...ce que nous sommes; pas être ce qu'on doit être ! lança le jeune garçon.
-Exactement !Elles ne peuvent pas vivre sans suivre ce que tout le monde fait. Nous ne sommes pas comme elles mais nous ne sommes pas non plus tous trois identiques. Ce que je veux dire c'est que j'ai l'impression qu'elles ne sont pas elles, mais comme les filles de revues ou les actrices pour, à la fois avoir des amies, un fiancé....ou je ne sais quoi. »
Fanny écoutait et finnalisait:
« C'est bien ce que j'ai toujours pensé et en plus je les vois comme des zombies, comme si elles erraient...je dis ça parce que je trouve qu'elle ont le regard vide, sans rêves dans les yeux. Toi Mändelia tu rêves de ton tour du monde. Tu as même écrit des nouvelles se déroulant dans une uchronie apocalyptique bien sombre et comme je les aime. De loin tu ressembles à l'héroïne de « L'exploratrice temporelle »...Toi Nicolas tu une vision moins noire des choses, mais j'adore ta manière de dépeindre les Braves Gens. Et par dessus tout j'apprécie ton haut de forme sur une tignasse en pétard, j'adore parce que tu le fais exprès !
Les frères et sœur de lait ne disaient rien, n'ayant rien à redire; et la remerciait. Mändelia regardait son cousin d'un air gentilement moqueur:
« C'est sa nouvelle mode ! »
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Mändelia Von Nobel
 
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