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[Mai 2014] Drôles de lustig

Où l'on imagine chaque mois sur un sujet donné...

[Mai 2014] Drôles de lustig

Messagepar Merle » 04 Mai 2014, 05:38

Quelle arnaque ! L'inspiratorium de ce mois est en retard, ce qui vous laisse moins de temps pour le préparer. Arnaque, dites-vous ?
Je suis un vaurien, un baron sans le sou, mais je suis riche de mille mots et d'autant de mensonges. Constamment sur un coup, un gros, un dernier, quand on me demande, je réponds que je suis dans les affaires. Dans les vôtres surtout. Avec mon entregent, je me faufile partout et je sais gagner la confiance de ceux qui ont d'autres atouts, depuis la rue jusqu'aux plus hautes sphères de la société. Et je suis dépensier. Comme mon train de vie est carnassier ! Il faut dire qu'on ne compte pas quand on vit aux dépens des autres.
Roublard, fripouille, chevalier d'industrie, faiseur du grand monde, faisan, charrieur ou combinard, larron, truqueur et père vautour, empileur, brissotin, flibustier aussi, écornifleur et j'en passe… Mon métier a autant de noms que moi de visages. Je vous dois bien ces quelques mots puisque je vous ai tout pris. Je vous aimais bien, pourtant, mais je préfère votre argent. Je pratique le métier d'escroc.
Autant de motivation qu'une lettre de motivation.
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Merle
 
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Re: [Mai 2014] Drôles de lustig

Messagepar reginald080 » 14 Mai 2014, 13:23

J’aime bien les Anglais. Particulièrement ceux de la haute. Ils sont francophiles, distingués, habillés à la dernière mode. Jamais leurs vêtements, leur allure ne transpirent le parvenu. Tout en eux est certitude, arrogance, sûreté de soi. Bref, tout pour me plaire.
J’avais pris mes renseignements. Lord Yormouth était riche à millions. Un aristocrate mais aussi un industriel des mines : charbon, fer dans le Royaume Uni et un peu partout en Europe. On ne lui prêtait pas d’ambitions politiques. Pas besoin, il pouvait faire et défaire des Gouvernements et pas seulement à Londres.
Les conditions de travail dans ses usines étaient indignes, même en cette fin de dix-neuvième siècle. Des gosses et des femmes mouraient à la tâche sans que sa seigneurie s’en émût.
Bref, pour moi ce serait un régal.
Nous avions d’abord échangé quelques banalités sur la situation internationale et plus important, sur la mode. J’avais pris bonne note des adresses londoniennes que Sa Grâce eût la bonté de me fournir. Dispendieuses, certes mais que ne ferais je pas pour être élégant aux yeux des hommes qui comptent et surtout de leurs compagnes ?
Le lord était très fier de sa modernité. Dame ! Quand on travaille dans son domaine, ,il faut se tenir prêt à doubler la concurrence plutôt qu’à la suivre.
Aussi mes propos sur mes projets soulevèrent ils son intérêt.
— Monsieur le Baron, je ne comprends pas pourquoi vous ne financez pas vous-même ce projet.
— Lord, les français sont d’excellents écrivains, poètes, peintres et même inventeurs. Mais ce ne sont pas des commerçants. Sur ce point, nous sommes à cent lieues de vous. Napoléon vous le reprochait déjà. Mais qui domine le monde en ce moment ? Eh bien mais ce sont les sujets de sa gracieuse majesté, la reine Victoria.
Sa seigneurie se rengorgeait. Avec les anglais ça marche toujours. Les flatter, reconnaître leur supériorité surtout venant d’un français et ils ne se sentent plus.
— Merci, Baron vous disiez donc…
— Eh bien, en tant qu’écrivain, monsieur Verne est bien connu et populaire jusque chez vous. Mais je vais vous révéler un secret. Monsieur Verne a une face cachée comme Léonard de Vinci C’est un inventeur de génie. Il a conçu avec son collaborateur Monsieur André Laurie des plans qui pourraient permettre le passage à la réalité de certains de ses rêves les plus fous.
D’un geste theatral, je sortis plusieurs rouleaux de carton d’où j’extrayais de longues feuilles de papier.
— Voici les plans du « Nautilus » par exemple. Et encore ici les plans d’un engin spatial pour se poser sur la Lune. J’ai bien dit se poser, et non faire le tour comme dans le romand de mon ami. Il a pu aller plus loin, grâce aux intuitions de Laurie.
— Je vous arrête là, mon cher Baron. J’ai du mal à croire que le Gouvernement français soit assez idiot pour laisser passer de Telles inventions…
— Sauf que monsieur Verne n’est pas considéré comme un écrivain sérieux par ces messieurs et surtout que Monsieur Laurie est un communard non repenti et évadé du bagne de Nouvelle Calédonie de surcroît. Cela suffit aux yeux des militaires. En tout cas pour le petit groupe que je représente, c’est un coup de grâce. Même le Duc de Broglie a déclaré forfait, hélas ! Il faut dire que les nouvelles idées de Monsieur Verne..
— Dites, cet homme est un génie.
— Eh bien, Monsieur Verne a mis au point un processus d’invisibilité. Regardez. Joseph s’il vous plait, veuillez verser son porto à Sa Seigneurie
Cela sert d’avoir été magicien de foire. Devant les yeux ahuris de l’anglais la bouteille séleva et un liquide ambré s’écoula dabs son verre.
— Et nous avons d’autres surprises en vue. Monsieur Verne travaille actuellement sur une machine à explorer le temps.
J’ai pensé avoir été trop loin, mais non la victime était ferrée.
— Combien ? fit le Lord
— Ce n’est pas seulement d’argent qu’il s’agit, mais de passion, de croyance en la science et en ses progrès, d’avenir de l’humanité. Franchement, plus je vous en parle, plus j’hésite.
Vous m’avez compris. Maintenant que je lui donnai l’impression de me rétracter, de m’arracher le cœur, il ne pouvait plus. Il me croyait. Parole, si je lui avais dit que Monsieur Verne craignait une invasion martienne, il m’aurait cru.
Il finit par pousser jusqu’à 200000 livres. Dés que celles-ci furent bien à l’abri, je disparus. Sa Seigneurie a maintenant quelques tubes en carton de plus.
J’avais terminé mon récit. Mon interlocuteur me dévisageait attentivement. Ses yeux pétillaient d’intelligence derrière ses lunettes.
— Et pourquoi me racontez-vous çà ? Vous n’avez pas peur que je raconte partout vos frasques ? Ceci est assez immoral.
— J’ai autant de visages que possible. Celui-ci ne sera pas le même demain et est bien sûr différent de celui que maudit Lord Yormouth. Ensuite, vous êtes anglais et si j’en crois vos écrits, vous n’aimez pas beaucoup vos aristocrates exploiteurs, je me trompe ?

— Non, mais vos histoires, je saurais m’en souvenir, croyez-moi. Au revoir ,Monsieur le Baron
— Au revoir, monsieur Wells.
reginald080
 
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Re: [Mai 2014] Drôles de lustig

Messagepar Lady Chapillon » 18 Mai 2014, 17:45

J'adore!
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