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[Débat] Jules Verne Anti-Steampunk ?

Où l’on débat et discute sur des sujets divers autour du steampunk.
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Mycroft
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[Débat] Jules Verne Anti-Steampunk ?

Message par Mycroft » 23 novembre 2012, 09:51

En cette veille de weekend, j’avais envie de lancé un petit débat qui me trotte dans la tête depuis les Utopiales.
Jules Verne est souvent cité comme l’exemple et la référence la plus courante dans l’univers Steampunk. Lors d’un débat Gérard Klein à soulevé l’idée que Jules Verne était en fait un anti-technologie.
Je n’ai pas eu le temps de relire toute l’œuvre de l’auteur, mais je m’appuie sur plusieurs articles intéressant notamment celui-ci.

Dans cette article, Klein soulève deux idées développé dans les romans de Jules Verne qui pourrait nous intéressé ici.

Verne décrit dans un ses romans un univers principalement bourgeois, ses héros quand à eux sont le plus souvent originaire de cette classe sociale, mais s’en trouve exclu pour diverse raisons.

« L'isolement du héros vernien peut avoir trois origines : le héros a choisi lui-même d'abandonner la société afin de conduire une vengeance ; ou bien il a été rejeté par la société et en particulier par ses pairs, comme Robur ; ou bien encore il est arraché par le destin comme Cyrus Smith et Servadac. Dans quelques cas, comme celui d'Otto Lidenbrock, c'est la passion scientifique qui joue le rôle du destin. D'autre part, on pourra faire remarquer que Nemo et Sandorf ont certes été rejetés de la société et plutôt brutalement ; mais à l'époque où se situe l'essentiel de l'action des œuvres, il ne tiendrait qu'à eux de la réintégrer. Avec leur génie, ils s'y tailleraient une belle place. Seul leur soif de vengeance les en tient écartés. La situation de Robur est un peu différente puisqu’au contraire des précédents, c'est sur le terrain même de ses exploits qu'il s'est vu contesté, bafoué et rejeté. »

Le héros semble alors triompher de tout les adversités grâces à ses connaissances, sa soif d’aventures, sa passion pour la science… et l’on arrive toujours à la fin du roman par quasiment la même conclusion.

« On saisit peut-être mieux, désormais, un trait important et qui mériterait à lui seul une étude, de la structure des œuvres principales de Verne : la destruction de la merveille scientifique ou même sa négation. Le Nautilus disparaît dans le Maelstrom ; l'Albatros est détruit par une tempête et par le sabotage ; la machine à attirer les météores aurifères de Zéphyrin Xirdal est providentiellement engloutie par le raz-de-marée qui accompagne la chute dans l'océan de la monstrueuse pépite spatiale ; le creuset à fabriquer les diamants se révèle comme un leurre dans l'Étoile du Sud ; il est jusqu'à l'Île Mystérieuse qui disparaît dans les flots tandis que la Machine à Vapeur ne résiste pas à une ultime poursuite et que Blackland, dans la Mission Barsac est détruite par les esclaves noirs révoltés. Il est aisé de multiplier les exemples. Ne s'agirait-il que d'un simple artifice de romancier ? Et même si c'était le cas, le trait conserverait sa signification puisqu'il servirait à clore un accident afin qu'un ordre momentanément troublé, l'ordre libéral, puisse reprendre ses droits et perdurer. La destruction de la merveille scientifique apparaît, qu'elle présente ou non un caractère conventionnel, comme indispensable à la persistance de la société bourgeoise, en ce qu'elle met un terme à une situation de monopole que cette société elle-même demeure impuissante à réduire. »

Le bon ordre de la société revient alors suite à la destruction de l’œuvre du vil traitre aux codes moraux.

On est là à mon sens loin de ce que le mouvement steampunk souhaiterait inspirer ou tente d’inspirer, c'est-à-dire des gens un peu hors de la société, qui tente de rester loin des straights ( Autre débats le terme straights de K. Dick ne pourrait il pas avantageusement remplacer le terme de moldu souvent trop entendu ?) ou alors Jules Verne et vraiment l’archétype du mouvement steampunk, mouvement petit bourgeois, issue des classes moyennes qui joue avec les stéréotypes de la technologie que pour mieux s’en moquer ?

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Re: [Débat] Jule Verne Anti-Steampunk ?

Message par Heyk » 23 novembre 2012, 10:27

Au contraire, je trouve que ça colle franchement plus avec le steampunk vu sous cet angle là.
Sans aller jusqu'au petit bourgeois, je dirais que je le steampunk est vraiment un replis identitaire et un courant esthétique alternatif. Donc oui, la subversivité sociale est très présente. Nous sommes tous des héros plus ou moins ratés, on s'éloigne des autres, on se marginalise sous couvert d'originalité geek et en se regroupe dans une communauté de semblables.
Si l'univers de Jules Verne était un MMORPG alors tous ces héros formeraient une guilde, si on était dans un film ils formeraient une ligue. S'ils étaient sur le web, ils feraient un forum (ils appelleraient peut être ça steampunk.fr).

L'envie d'être différent (qui est une chose très commune au demeurant) est constitutive du steampunk.

Après pour l'aspect anti-science, eh bien je surenchéris en disant que la critique de la science moderne et son refus sont aussi les stigùates du steampunk. N'est-il pas avant tout une science fantaisiste ? Car toutes les machines conçues, que ce soit un pistolet chevalier du zodiaque de glace et de cristal, un jet pack fonctionnant au thé ou encore un electro-bâton tesla, toutes ces inventions ne sont là que pour montrer que notre science actuelle est très peu distrayante.


Au final, ce qui te ferait penser que c'est de l'anti steampunk, moi me conforte dans l'idée que Jules Verne avec ses héros marginaux et son regard fantaisiste sur la science sont bel et bien le fondement d'une idéologie steampunk.
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Re: [Débat] Jule Verne Anti-Steampunk ?

Message par Mycroft » 23 novembre 2012, 10:54

Heyk a écrit :Au final, ce qui te ferait penser que c'est de l'anti steampunk,
La moral de l'histoire. Seul le conformisme triomphe.
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Re: [Débat] Jule Verne Anti-Steampunk ?

Message par TinchO » 23 novembre 2012, 12:02

Débat intéressant.

De mon côté j'avais lu un article (dont je ne retrouve plus la référence, je vais tâcher de retrouver ça) qui analysait les fins "le bec dans l'eau" de Jules Verne comme une manière assez particulière de préserver et de ménager le "sense of wonder" des lecteurs.

Selon l'article si le nautilus explosait, si le boulet-fusée n'atteignait jamais la lune, si les voyageurs du centre de la terre en étaient expulsés à la fin, c'était avant tout pour garder du mystère et préserver l'inconnu qui permet les explorations épiques dont Jujules c'était fait une spécialité.


Faut que je retrouve cet article.
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Re: [Débat] Jule Verne Anti-Steampunk ?

Message par Demo » 24 novembre 2012, 07:34

Mycroft a écrit :
Heyk a écrit :Au final, ce qui te ferait penser que c'est de l'anti steampunk,
La moral de l'histoire. Seul le conformisme triomphe.
Jules Vernes ne peut pas être anti-steampunk, le steampunk n'EXISTE PAS à son époque !

Contrairement à Klein, je ne pense pas que Vernes soit anti-technologique, par contre je pense qu'il est très conscient du fait que la technologie, malgré son potentiel merveilleux, ne vaut que par ceux qui la mettent en œuvre. Il suffit pour s'en convaincre de lire ( ou relire) les 500 millions de la Begum : d'une part le docteur Sarrasin y crée une cité modèle, de l'autre
Le professeur Schultze construit un complexe militaro-industriel destructeur.
D'un autre côté, il est évident qu'à son époque Vernes fut, si ce n'est révolutionnaire ( au sens politique du terme ) du moins très, très progressiste.
Certaines autrees de ses œuvres laissent ainsi apparaître une sensibilité très gauchisante ( ptit bonhomme ou les naufrages du Jonathan) et son engagement politique ( notamment comme conseiller municipal d'Amiens) est assez clair.
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Re: [Débat] Jules Verne Anti-Steampunk ?

Message par Dame Bess » 24 novembre 2012, 08:21

Jules avec un 's', c'est mieux.
Jules Verne n'est évidemment pas steampunk, puisque ce serait anachronique d'utiliser le terme en la matière. Pour ce qui est de l'article et des arguments avancés, je trouve ça un peu trop aisé de réduire Verne à un petit bourgeois anti-technologique. Tout d'abord je trouve l'analyse du héros vernien très incomplète : est-ce bien Nemo le héros de Vingt-mille lieux sous les mers? On ne peut que souligner la distance que le narrateur prend parfois avec le capitaine du Nautilus, et la conscience qu'il a de ses défauts. Ce qui est critiqué ce n'est pas le vaisseau, mais le repli, l'isolation totale. D'autres part tous les héros de Verne sont loin de coller à cette description. Ensuite, la technologie en tant que telle n'est pas critiquée, mais plutôt une certaine utilisation qui peut en être faite. Par exemple Le tour du monde en quatre-vingt jours n'est possible que grâce aux progrès établis, c'est d'ailleurs un véritable hymne à tous les modes de transport modernes. Ici la technologie est salvatrice, même si c'est aussi dans ses limites que le héros se révèle véritablement un héros (Philéas n'aurait jamais sauvé la princesse Aouda si le chemin de fer n'avait pas été interrompu). Cependant Verne n'est pas non plus aveugle au corollaire de l'exploitation technologique, qui est la misère et la vie difficile des ouvriers (on le voit dans Les Indes Noires). Ensuite tous les romans de Verne ne se finissent pas par un échec, on peut le voir dans De la Terre à la Lune, mais ce qui est frappant c'est que la technologie vernienne doit toujours être un outil et pas une fin en soi. Elle est un moyen de réalisation poétique, d'invention de rêve. Un monde dévoré, rempli par les machines est très éloigné de l'idéal vernien, et en ce sens on peut dire qu'il n'est pas pro-technologique (sans que ça fasse pour autant de lui un anti-technologique).
Concernant le côté "petit-bourgeois", c'est une notion très 20ème siècle et totalement anachronique. Verne n'est pas plus petit-bourgeois que Flaubert. Bien sûr que la majorité des héros de Verne sont des bourgeois, tout simplement parce que la seule catégorie sociale qui peut se permettre de faire des voyages, de s'aventurer dans des terres inconnues, c'est le bourgeois, parce qu'il a le temps et l'argent. Mais l'idéal de Verne est assez loin du conservatisme (il y a une critique anti-colonialiste assez forte chez lui, une vision très éclairée pour son temps). Et les quelques héros à l'horizon étriqué qu'on peut croiser dans ses romans, il ne se prive pas pour s'en moquer.
Ceci n'était qu'une ébauche, que je n'ai pas le temps de développer, mais ça résume assez bien ma pensée.
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Re: [Débat] Jules Verne Anti-Steampunk ?

Message par Merle » 24 novembre 2012, 08:52

Ah ah, je n'en attendais pas moins de Dame Bess un samedi matin après une nuit blanche avant de repartir en cours. :lol:

C'est Verne sans S, vu qu'il y en a déjà un chez Jules.
S'il y a bien un nom qu'on ne devrait pas écorcher, c'est bien celui-là, allons.
(Oui, si je pouvais coller une animation criarde par-dessus, je la mettrais.)

Et c'est un peu hors sujet (mais bon, je suis là sur ma fin de journée alors tant pis), je ne peux m'empêcher de tiquer sur l'utilisation de l'expression "repli identitaire". On ne peut se "replier" sur une identité qui n'existe pas, dont la forme elle-même n'est qu'une construction vague de l'esprit. Il existe peut-être une communauté Steampunk, mais permettez-moi de hausser du sourcil interloqué si on évoque l'idée de repli identitaire, qui est quand même un pas de plus après le communautarisme dans la fermeture d'esprit et le rejet en tant qu'ennemi des autres. Attention au vocabulaire employé, il y a des approximations verbales et des glissements sémantiques que je n'ai pas du tout envie de lire par ici.
Réfléchissez deux secondes à l'idée d'un repli identitaire gothique, ça va forcément faire rire tellement ça sonne ridicule. C'est exactement la même chose pour le Steam.
Autant de motivation qu'une lettre de motivation.
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Re: [Débat] Jules Verne Anti-Steampunk ?

Message par Icare » 24 novembre 2012, 13:46

En effet Verne ne peut être anti steampunk.
Dans ses romans je vois surtout qu'il met en garde l'homme sur son utilisation des technologies. A mon sens il n'est pas contre les innovations technologiques, je pense qu'il y est favorable, mais il montre les dangers de celle-ci utilisée à mauvais escient ou dans un but autre que celui du bien commun.
Typiquement je pense que c'est quelqu'un qui aurait pu déclarer 'je vous avais prévenu' en assistant aux bombardement sur Hiroshima et Nagasaki.
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Re: [Débat] Jules Verne Anti-Steampunk ?

Message par Mycroft » 24 novembre 2012, 14:15

Icare a écrit :Dans ses romans je vois surtout qu'il met en garde l'homme sur son utilisation des technologies. A mon sens il n'est pas contre les innovations technologiques, je pense qu'il y est favorable, mais il montre les dangers de celle-ci utilisée à mauvais escient ou dans un but autre que celui du bien commun.
Peux tu creuser cette partie, je ne vois pas d'exemple précis dans l'oeuvre vernienne. Je vois des exemple de science utilisé à bonne escient qui fini à la ferraille.... mais pas plus.
Dame Bess a écrit :Ensuite tous les romans de Verne ne se finissent pas par un échec, on peut le voir dans De la Terre à la Lune
ça fait longtemps que je ne l'ai pas lu, mais il me semble qu'ils ne posent pas le pied sur la lune.
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Re: [Débat] Jules Verne Anti-Steampunk ?

Message par Icare » 25 novembre 2012, 16:36

Ha oui j'avais vu ton message sur mon smartphone mais du coup je n'avais pas le temps d'y répondre et j'ai oublié désolé.
Bon ne perdons pas de vue que je n'ai pas lu Verne depuis un bail.
Dans mon message je pense surtout à 20k lieues sous les mers et les 500 millions de la bégum.
Dans le premier Nemo garde sa technologie pour lui par défiance envers l'humanité qu'il ne sent pas prête à posséder une telle puissance. D'ailleurs il n'est pas présenté sous un bon jour car il garde sa technologie et prive le monde de ses avancées technologiques sur sa simple analyse personnelle de l'homme, sorte de paranoïa, se fiant à ses préjugés et mettant toute l'humanité dans le même panier dans distinction ce qui est éminemment réducteur.
Dans les 500 millions il montre deux facettes opposées de l'homme, très caricaturales et manichéennes au demeurant, où il indique qu'il faut que la technologie soit utilisée service des hommes et non pas d'un seul, dans l'intérêt commun. Il met en garde celui qui voudra l'utiliser pour son profit personnel en lui prédisant que tôt ou tard il sera, dans son aveuglement, ceci se retournera contre lui (la mort du méchant de l'histoire est un message clair).
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