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H.P Lovecraft

Littérature et écrits des XIXe et début XXe siècles

Re: H.P Lovecraft

Messagepar Theobias » 19 Octobre 2011, 10:20

Je rebondis tardivement sur H.P.Lovecraft un de mes auteurs préférés.

Sa correspondance en effet donne pas mal de billes pour comprendre sa mentalité même si celle qui est publiée l'est surtout en anglais (5 tomes contre 1 en Français) et incomplète. Lovecraft à plus écrit de lettres (+ de 10 000 la plupart se trouvant à la Brown University de Providence) que de nouvelles ou roman. Le racisme de Lovecraft est maladif. Je ne lui cherche pas d'excuses il a écrit et pensé des choses ignobles sous l'effet de la colère et de la stupidité et de choses qui le dépassaient et profondément enfuies dans sa psyché. Quand on rentre un peu plus dans le détail de sa vie (qui est pour le coup passionnante)on peut entrevoir et en partie comprendre le cheminement qui va conduire un enfant surdoué, venant d'une famille riche à cet adulte aigri et pauvre et bourré de complexes.

Il y a déjà à la base un racisme "culturel" d'une famille blanche bien né descendant des premiers colons. HPL s'est toujours senti d'ailleurs plus anglais qu'américain. Son père était un anglais pur jus assez imbu de sa personne selon les écrits qu'il reste sur lui. Bref chez les Lovecraft (coté paternel) et les Van Burren (coté maternel) on se la pète un peu ... Et JPL est un fils à papa.

Des événements vont alors plonger le jeune HPL dans le chaos. La disparition de son père atteint de neuro-syphilis (mais on ne parlera jamais de cela à la maison et il sera interné 4 ans ans de mourir dans un asile d'aliénés), la mort du grand paire qui l'a élevé et la perte avec lui de la fortune familiale. HPL déménage d'une maison avec jardin et domestique à un appartement avec ses 2 tantes et sa mère. La folie de sa mère qui le couve et l’insulte en même temps essayant par tous les moyens de le garder dans le giron de l'enfance. Il ne va plus à l’école, n'a pas d'amis et reste des journée entière enfermé dans le noir et vit avec une fiole de poison à ses côtés.

Là il est vraiment mur soit pour l'asile ou la camisole. A noté qu’apparemment sa mère a coupé les ponts avec sa famille paternelle mais qu'on dénote chez ses derniers des cas de folie, de suicide et aussi de neuro-syphilis (ceci expliquant peut être cela). C'est l'écriture qui sauve le jeune Lovecraft du suicide mais quand il revient dans le monde ce dernier ne l'a pas attendu et les valeurs qu'on lui a inculquées sont dépassées depuis belle lurette. Autour de lui des gens moins éduqué, ne venant pas d'une famille de nantis, des étrangers réussissent leur rêve américain. HPL lui est du siècle dernier et ne comprend rien à l'Amérique des années 20. Ces nouvelles le trahissent d'ailleurs, pas de femmes, pas d'allusion à l'american way of life, ses héros sont frustes à bien des égards et s'habille comme il y à 30 ans.

La haine de l'autre viendra surtout de là, quand à NY HPL cherchera du travail et verra qu'on emploie moins qualifié que lui (mais plus efficace) et qu'un simple plongeur noir gagnait deux fois plus que lui qui écrivant des nouvelles A LA MAIN (il refusait de les taper à la machine). Il lira Mein Kampf à sa parution aux USA (comme pas mal de monde d'ailleurs, il y avait avant guerre un parti nazi florissant) et adhérera aux thèses écrites comme pas mal d'américains (c'est la crise et Hitler au début apparait comme l'homme qui a redressé son pays du chaos, il sera même élu homme de l'année par le Times magazine en 1938! - Staline l'avait été en 1933 ;) ) Après il épousera une... juive, aura des correspondants et amis juifs (dont le jeune Robert Bloch le papa de Psychose) reviendra un tantinet sur ses positions (sans vraiment s'en débarrasser) et s’apprêtera même à voter pour Roosevelt (pratiquement vu comme un communiste par la faction adverse) mais la mort le surprendra avant.

Ces dernières lettres en disent déjà un peu plus. L'homme est un peu plus rasséréné. Il n'a plus toute cette haine en lui et reconnait (un peu) avoir cru en des chimère. Mais on ne saura jamais s'il faisant amende honorable ou si c'était un effet de manche littéraire.

Alors que reste t'il ? Un foutu bon écrivain qui n'aurait pas écrit des nouvelles si fortes s'il n'avait pas été un homme torturé (chez nous on a Céline) et un salaud "ordinaire" en partie modelé par son environnement familial, culturel et les circonstances particulière du déroulement de sa vie.

Vous trouverez des choses très intéressantes (en anglais) sur le blog d'un ami : H. P. Lovecraft And His Legacy (http://chrisperridas.blogspot.com/) qui aborde la vie de HPL selon les événements de son époque sans occulter ce qui emmerde un peu; il faut le dire, les fans Lovecraftiens.

Rien de ce qu'a écrit dans ses lettre Lovecraft n'est excusable mais c'est (en partie) explicable. Ces nouvelles d'ailleurs sous le couvert d'histoires d’horreur, montre l'horreur (toute relative il ne vivait pas dans un ghetto) de sa propre existence et son incapacité à trouver une issue si e n'est à travers le prisme facile de la haine.

J'essaye de mon côté en "démontant" une de ces nouvelles (Le Cauchemar d'Innsmouth) d'expliquer un peu son cheminement tortueux (surtout celui de la recherche de son père et la découverte hypothétique qu'il pouvait avoir lui aussi contracté la syphilis) si cela vous intéresse c'est ici >>> http://innsmouthmania.blogspot.com/
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Re: H.P Lovecraft

Messagepar Mlle Renard » 19 Octobre 2011, 11:58

Tiens et information plus légère sur Lovecraft : il a longuement correspondu avec Robert E. Howard, le papa de Conan.
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