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"Causerie Photographique" - série d'articles de 1890

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Nylh
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"Causerie Photographique" - série d'articles de 1890

Message par Nylh » 06 avril 2013, 09:17

Je ne savais pas trop où mettre ce sujet. Je suis en train de retranscrire une série d'articles de 1890 traitant de photographie amateur ( utilisation des diaphragmes, développement photo, produits chimiques à utiliser etc ... ) et me suis dit que cela pourrait intéresser quelques un ici. Il y a au total 10 articles .

I- Les Chambres noires
II- Les Objectifs p.1
III- Les surfaces sensibles et leur temps de pose p.1
IV - Le développement du cliché p.1
V- Les épreuves positives p.2
VI - Clichés retournés et clichés pelliculaires p.2
VII- Quelques insuccès et leurs remèdes p.2

VIII- A propos de voyages
IX - A propos de voyages ( suite)
X - Agrandissements et réductions


Voilà, le second comme je n'ai pas encore recopié le premier :

II- Les objectifs

Les Causeries Photographiques sont destinées à donner quelques conseils pratiques aux débutants; les amateurs qui voudraient apprendre à fond la science photographique trouveront les renseignements les plus exacts et les plus scientifiques dans les ouvrages de MM. Balagny, Davanne, Fabre, Londe, Vidal, entre autres, chez les français; Abney, Eder, Liesegang, Monckoven, Robison, Vogel, chez les étrangers. Il y a aussi de nombreux périodiques traitant de la photographie, le Bulletin de la Societé Française de photographie, l'Amateur photographe, le Moniteur de la photographie, les Photographisches Archiv, la Photographische Rundschau, le Bulletin de l'association belge de photographie, les Photographic News, etc.

Après avoir parlé de la chambre noire, il faut aujourd'hui indiquer le rôle pratique de l'objectif, sans entrer dans le détail de la construction des lentilles, de la composition des verres dans lesquels on les taille, et sans faire l'historique des formes diverses que les opticiens lui ont données peu à peu.

Il y a des objectifs spéciaux pour les différent genres de travaux photographique, portraits, paysages,reproductions de gravures ou de tableaux; mais un débutant devra d'abord se contenter d'un objectif aplanétique; ou, s'il ne peut y mettre le prix, d'un objectif simple bien construit.

Avec un objectif aplanétique, on peut faire toutes les opérations photographiques d'une manière satisfaisante,bien que moins parfaite qu'avec les objectifs spéciaux à chaque genre.L'aplanétique ou aplanat est composé de plusieurs lentilles dont les unes sont placées à l'avant, les autres à l'arrière du tube en métal de la monture. Pa rsa construction, l'aplanat peut reproduire l'image de monuments à lignes droites exemptes de déformation, même sur les bords de la plaque, tout en donnant un modelé très suffisant aux portraits et une certaine perspective aérienne aux paysages. C'est un excellent objectif à tout faire, s'il nous est permis d'employer cette expression.

Les rayons qui passent à travers les lentilles et viennent former l'imager sur la glace dépolie, ne donneraient pas à cette image une netteté suffisante, si l'on ne se servait pas de diaphragmes, c'est à dire de plaques de métal noirci percées d'ouvertures de dimensions graduées, et placées entre les lentilles. Plus les ouvertures des diaphragmes sont petites, plus la netteté de l'image augmente, mais aussi la pose est plus longue, car la lumière passe en moins grande quantité.Généralement, dans la pratique, on se sert d'un grand diaphragme pour la mise au point; puis on le remplace, pour effectuer la pose, par un diaphragme approprié au sujet et à la lumière dont on peut disposer.

Pour les portraits, un diaphragme moyen est bon, afin de ne pas exagérer les défauts des modèles; pour les monuments, il en faut au contraire un petit afin d'obtenir une grande netteté dans les détails. Aujourd'hui, les bon fabricants d'objectifs font la série de diaphragmes de manière à doubler le temps de pose à chaque numéro, toutes conditions de pose étant égale d'ailleurs. Avec le diaphragme n°1 on posera par exemple, une seconde; avec le n°2, deux secondes; avec le n°3, quatre secondes,et ainsi de suite. L'ouverture des diaphragmes est taillée en biseau d'un coté;il faut avoir soin, quand ils sont mobiles, de les placer de façon que ce biseau regarde la chambre noire. Je dis "quand les diaphragmes sont mobiles", parce qu'il y a beaucoup d'objectifs qui ont des diaphragmes tournants.

Lorsqu'on se sert d'un aplanat et qu'on désire obtenir une image plus grande d'un sujet éloigné, on peut dévisser la lentille qui se trouve en avant de l'objectif et photographier avec la lentille postérieur seule. La longueur focale de l'objectif se trouve alors doublée et la proportion de l'image est doublée de même. Dans ce cas, il faut mettre un très petit diaphragme et poser plus longtemps parce que, pour des raisons qu'on ne peut expliquer dans ces articles sommaires de photographie pratique, les objectifs à long foyers exigent une pose plus longue que ceux qui ont un court foyer. Il faut aussi avoir soin de tenir d'une main le bouchon sur le tube de l'objectif, tout en ouvrant le châssis, car le bouchon devenu trop grand pour le tube privé de la lentille antérieur, ne le fermerait pas hermétiquement. Il vaut mieux, pour cette éventualité, faire faire ( ou faire soi-même en carton et papier noir) un bouchon de la dimension du tube de l'objectif.

On ne peut employer ce dédoublement si la chambre noire n'est pas d'un long tirage, en dépassant de quelques centimètres le double de la longueur focale de l'objectif complet: un tirage de 45 à 50 centimètres pour des objectifs de 20 à 22 centimètres de foyer.

Si l'on ne veut pas faire la dépenser d'un bon aplanat, ou qu'on veuille se borner à photographier des personnes ou des paysages, un objectif simple sera excellent. quand il est bien construit, ce genre d'objectif est aussi rapide qu'un aplanat et il donne des images plus brillantes et avec des plans plus distincts, qualité fort utiles pour les paysagistes.

Les opticiens anglais et allemands ont eu longtemps une supériorité réelle sur les fabricants français,mais aujourd'hui ces derniers sont arrivés à faire au moins aussi bien, et à des prix inférieurs aux étrangers.
Comme pour l'achat d'une chambre noire il y a l'embarras du choix, et comme pour la chambre noire, je conseille au débutant de se renseigner auprès d'amis ayant déjà quelques expérience dans le carrière photographique.

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Re: "Causerie Photographique" - série d'articles de 1890

Message par provost julien » 10 avril 2013, 20:33

salut , je serais bien curieux de les lire, je suis fan de technique ancienne :D
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Re: "Causerie Photographique" - série d'articles de 1890

Message par Nylh » 13 avril 2013, 08:40

C'est un peu long à retaper ( j'ai beaucoup d'articles anciens en cours de retranscription ) mais je vais proposer l’intégralité de ces articles dans le courants de mois qui viennent.

---------------------

III - surfaces sensibles et le temps de pause

Nous avons vu dans les deux causeries photographiques précédentes, le rôle de l'appareil photographique composé de la chambre noire et de l'objectif. Il a déjà été question du châssis où se trouve la plaque qui recevra l'image réfléchie par l'objectif; disons aujourd'hui comment il faut charger ce châssis, et, autant que possible, combien de temps il faut poser.

Le procédé au gélatino-bromure d'argent est aujourd'hui employé presque exclusivement par les amateurs, et dans ce procédé, l'application la plus commode pour le débutant est la plaque de verre recouverte d'une couche de gélatine sensible. Les procédés pelliculaires et sur le papier ont des qualités précieuses dans de certains cas mais ils offrent quelques difficultés quand il s'agit d'apprendre à faire un cliché. Nous en parlerons plus tard, si les lecteurs de la Mode Illustrée encouragent nos causeries par leurs questions et leur communication.

Pour charger les châssis, il faut être dans une pièce (ou laboratoire) n'admettant aucune lumière du dehors, même pas la clarté de la lune. Cette pièce doit être éclairée par une lanterne munie d'un verre rouge foncé entouré de papier ou d'une toile jaune; il est bon de placer cette lanterne à l'extrémité de la table où l'on opère, à une distance de 50 centimètres au moins. En effet, l'intensité des rayons lumineux décroît rapidement avec la distance, et l'on aura tout avantage à voir relativement clair dans la chambre, et à charger les châssis dans la partie plus obscure. On devra même interposer un écran, carton, journal, etc., entre la lanterne et le châssis pendant qu'on y introduit la glace sensible, pour éviter qu'aucun rayon lumineux direct ne vienne frapper celle-ci. On ne prends jamais trop de précautions jusqu'au moment où la plaque est mise dans le bain révélateur.

Quand la lanterne est ainsi disposée, on ouvre la boite de glaces, et on introduit celles ci dans les châssis, en ayant soin de ne pas mettre les doigts du coté de la gélatine qu'on reconnaît à son aspect mat. C'est la surface gélatinée qui devra se trouver du coté de la chambre noire au moment de l'exposition. Lorsque la plaque est fixée dans le châssis, il est indispensable de l'épousseter avec un blaireau plat, très doux, afin d'enlever les grains de poussière qui pourraient y être attachés; sinon ils formeraient sur le cliché terminé des petit points transparents et, plus tard, sur l'épreuve positive, des taches noires.

A propos de cette précaution indispensable, je dirais qu'il est très utile d'épousseter de temps en temps l'intérieur de la chambre noire, où la poussière s'introduit facilement, de même que les lentilles de l'objectif ( en ayant soin de ne pas rayer les verres).

Quand on a chargé le nombre de châssis voulu, il est bon de les enfermer dans un sac d'étoffe noire, afin d'éviter toute cause de voile pendant le transport, et quand les châssis attendent leur tour d'emploi, pendant la mise au point.
Le temps de pose est une des questions les plus difficiles à traiter, malgré toutes les tables de pose et les calculs des différences de la lumière selon la saison et l'heure du jour, qu'on trouve dans les ouvrages sérieux dont nous avons cité les auteurs. Notons cependant qu'au mois de janvier la lumière est dix fois moins vive qu'au mois de juillet, et que la journée se divise en trois parties: le matin, le plein jour et le soir. Le plein jour se compte, en hiver, de onze heures à une heure et en été, de neuf heure à trois heures. C'est à ce moment qu'on doit poser le moins, puis vient le matin et, enfin, le soir parce qu'à ce moment la lumière devient plus jaune et moins photogénique que dans la matinée.
L'amateur photographe devra étudier la rapidité de son objectif en faisant plusieurs poses successives de durées différentes, même sujet, avec des glaces de même qualité et en se servant du même développement. Cette pratique raisonnée pourra seule lui apprendre combien de temps il faudra poser dans tel ou tel cas.

Donnons cependant quelques exemples afin d'aider le débutant dans ses premiers essais. S'il possède un aplanétique de 27 centimètres de foyer, ayant six diaphragmes, et s'il emploi des plaques de la maison Lumière, étiquette bleue, qui sont en ce moment, les plus sensibles, il pourra poser: au mois de juillet par une belle journée, à midi, deux secondes avec le diaphragme n°4 pour un portrait en plein air à l'ombre; quatre secondes avec le diaphragme n°6 pour un paysage éclairé, mais où se trouvent des masses de verdures en premier plan; une heure avec le diaphragme n°6 pour un intérieur d'église ou de musée, largement éclairé. On trouvera peut être, à tort, cette dernière pose exagérée, car elle a été souvent appliquée avec succès. Elle peut cependant être abrégée de beaucoup, si l'on a pas un temps suffisant à sa disposition, et il nous est arrivé de faire à quatre heures du soir au mois d'octobre, un intérieur d'église très sombre en ne posant que dix minutes, mais il a fallu employer un révélateur très énergique et le cliché a présenté des oppositions trop fortes entre les ombres et les lumières. Quand on est en voyage, n'aurait-on qu'une chance sur cent de réussir, il est toujours bon de risquer une glace. On la développera avec tout le soin possible et on conservera de la sorte le souvenir d'un site ou d'un monument qu'on ne reverra peut être jamais.

Excepté quand quelque circonstances particulières, il vaut mieux, de l'avis de tous les maîtres en photographie, exagérer la longueur du temps de pose que de rester en dessous. Cette précaution est indispensable quand il devra s'écouler des mois entre la pose et le développement, et en tous cas il est plus facile d'obtenir un bon cliché d'une façon raisonnée, qu'avec une plaque sous exposée, où il faudra faire venir les détails à grand'peine et au détriment du modelé de l'image.

L'amateur débutant devra s'exercer pendant quelques temps avec une seule espèce de glaces, afin de bien connaître la façon dont elles se comportent au moment de l'impression et les diverses phases du développement. Il ne devra pas en changer au premier insuccès pour en changer à nouveau, s'il se fournit chez un fabricant consciencieux. Il y en a un certain nombre en France, comme à l'étranger, et pour cette question, comme pour celle de l'appareil, on n'a que l'embarras du choix.

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Re: "Causerie Photographique" - série d'articles de 1890

Message par Merle » 15 avril 2013, 18:34

C'est amusant de noter la place de l'empirisme dans ces articles. Très intéressant à lire, merci pour le partage.
Autant de motivation qu'une lettre de motivation.
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Re: "Causerie Photographique" - série d'articles de 1890

Message par Amalasùnthe » 18 avril 2013, 16:03

Je suis tombée sur des livres numérisés sur le sujet, ça m'a fait penser à ce topic. Du coup, je sais pas si c'est très adapté mais je les mets là, ça intéressera peut-être quelqu'un.

Notes photographiques expliquant toutes les opérations et l'emploi des appareils et des produits nécessaires en photographie / Ant. Schaeffner, 1888
Chapitre I : Papier Albuminé, papier salé et mat à la cétrarine, papiers sensibilisés
Chapitre II : Produits chimiques et spécialités
Chapitre III : Résumé photographique et manipulations (De l'atelier ; L'Eclairage ; Chambre noire ; Objectifs ; Le temps de pose ; Laboratoire ; Manipulations (collodion) ; Procédé au gélatino-bromure ; Obturateurs )
Chapitre IV : Autres procédés (Epreuves au collodion chloruré ; Epreuves émaillées ; Photo-miniature ; Procédé au charbon ; Ferrotypie ; Glaces au gélatino-chlorure d'argent ; Pellicules de gélatino-bromure ; Platinotypie ; Retouche des clichés ; Satinage à chaud ; Colorisation des agrandissements ; Résidus photographiques ; Hygiène du photographe)


La photographie et ses applications : IV, Les épreuves à projections / Eugène Trutat, 1891
Des épreuves à projection ; Tirages à la chambre noire ; Tirages par contact ; Collodion albuminé ; Procédé à l'albumine ; Gélatino-bromure ; Gélatino-chlorure ; Chloro-bromure ; Tirages par transfert ; Coloriage des épreuves ; Montage des épreuves

Et pour finir, un dernier qui rentre pas complètement dans le sujet mais que j'ai trouvé sympa,
De la propriété artistique en photographie : spécialement en matière de portraits / Edouard Sauvel, 1897
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Re: "Causerie Photographique" - série d'articles de 1890

Message par provost julien » 19 avril 2013, 00:00

l'article ma plu :D sans indiscretion sa vien de quelle revue :?:
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Re: "Causerie Photographique" - série d'articles de 1890

Message par Massden » 19 avril 2013, 15:52

Cool plein de trucs à lire !
Si vous avez des choses concernant de plus près la photographie sur plaque de verre ça m’intéresse grandement !
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Re: "Causerie Photographique" - série d'articles de 1890

Message par Nylh » 19 avril 2013, 16:23

Egon Merode, il est vrai que cela change du style d'écriture des revues actuelles. Mais cela reste très agréable à lire.

Amalasùnthe, merci de ton lien, tout information plus "sérieuse" est bonne à prendre je pense, comme ces articles ne sont qu'une "vulgarisation" de l'art de la photographie. Les ouvrages classiques peuvent être bien plus intéressant si on veut en apprendre plus sur ce sujet voir même aller jusqu'à le mettre en pratique.

Provost Julien, la mode illustrée est la source de 95% de mes retranscriptions actuelles.

Massden, s'agit-il de plaques de verre recouvertes d'une couche de gélatine sensible ? Auquel cas la suite de ces articles apprends les procédés de développement de ces plaques ainsi que les produits et proportions à utiliser pour leur développement. Le prochain article va me demande un peu plus de temps à retranscrire comme une partie de la page a été grignotée et je dois retrouver les mots manquants.
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Re: "Causerie Photographique" - série d'articles de 1890

Message par Massden » 19 avril 2013, 19:00

Nylh a écrit : Massden, s'agit-il de plaques de verre recouvertes d'une couche de gélatine sensible ? Auquel cas la suite de ces articles apprends les procédés de développement de ces plaques ainsi que les produits et proportions à utiliser pour leur développement. Le prochain article va me demande un peu plus de temps à retranscrire comme une partie de la page a été grignotée et je dois retrouver les mots manquants.
Oui c'est bien ça ! Cool cool cool :D

Et merci pour toutes ces retranscriptions au passage ;)
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Re: "Causerie Photographique" - série d'articles de 1890

Message par Nylh » 21 avril 2013, 17:33

Il me manque un ou deux mots dans cette retranscription mais l'ensemble reste cohérent. Que de produits chimiques aux noms oubliés et que de travail pour un simple cliché... Et ça n'est pour le moment que le développement de la plaque de verre. L’épreuve papier ne sera abordée que dans l'article suivant.
-------------------

IV- Le développement du cliché

Voici le débutant photographe arrivé au moment décisif où il pourra bientôt montrer un cliché à tous les curieux qui demandent aussitôt après l'exposition de la plaque : Peut on voir ? Il s'agit de développer l'image latente enfermée dans le gélatino bromure et de la fixer ensuite de manière qu'elle puisse supporter la lumière, et servir au tirage des épreuves positives.
Il y a plusieurs modes de développement,et, ayant chacun leurs qualités et leurs défauts, leur partisans et leurs adversaires. On peut dire d'eux : tant vaut l'homme, tant vaut l'instrument. Nous ne parlerons pas aujourd'hui en détail des divers agents chimiques du développement : oxalate ferreux, acide pyrogallique, pyrocatéchine, iconogène, afin de ne pas surcharger la mémoire de l'amateur novice.
Nous lui indiquerons seulement le développement à l'hydroquinone, le plus facile à notre avis. Quand il saura, grâce à lui, développer un cliché à point, il pourra étudier les autres révélateurs et s'en servir au gré de ses préférences.
On peut acheter le révélateur à l'hydroquinone tout fait, en solution, ou en poudre qu'on dissout dans une quantité d'eau déterminé. Ces préparations sont quelques fois bonnes et d'un prix raisonnable, mais il vaut mieux préparer soi même le révélateur, qu'on peut alors modifier suivant les clichés à développer.
Voici les formules de M. Balagny ( L'hydroquinon, paris, gauthier villars, 1888, in-18 jesus) et je recommande à mes lecteurs de ne négliger aucune des recommandations qu'elles contiennent :
1° Prenez un flacon à large col d'une contenant de 1500 grammes ; faites y dissoudre dans un litre d’eau distillée, ou d'eau bouillie refroidie, ou encore d'eau de pluie propre, 250 grammes de sulfite de soude pur ( le sulfite de soude doit contenir au moins 20 p. 100 d'acide sulfureux combiné ; chez les bons fabricants de produits chimiques, il en contient jusqu'à 28 p. 100). quand le sulfite est complètement dissous, prenez un flacon de 500 grammes ; mettez y 300 centimètres cubes de la solution, et placez le flacon dans un bain marie. Faites chauffer la solution à 60 degrés environ et versez y 10 grammes d'hydroquinone en agitant le liquide jusqu'à dissolution complète, en ayant soin qu'il ne reste aucune parcelle de l'hydroquinone non dissoute attachée au goulot du flacon. Bouchez le flacon avec un bouchon neuf.
2° Faites dissoudre dans un litre d'eau même nature que celle employée pour la solution de sulfite, 250 grammes de carbonate de soude ordinaire, mais dont les cristaux ne sont pas effleuris ( ce qui est le commencement d’altération).
3° Faites dissoudre 20 grammes de bromure de potassium dans 100 cc. D'eau.
Le développement de la plaque doit être fait, comme la mise en châssis, à la lumière rouge, selon la plupart des autorités photographiques. On a apporté dans les derniers temps quelques adoucissements à cette règle ; nous en parlerons à l'article spécialement consacré au laboratoire, mais aujourd’hui, pour simplifier les opérations, nous prendrons la lanterne qui a servi à la mise en châssis des glaces, sans l'entourer toutefois d'un papier d'une toile jaune.
Pour développer un cliché de paysage ayant posé deux secondes, comme il a été dit dans l'article précédent, on mettra un dans un verre gradué 30 cc. De la solution de sulfite et d'hydroquinone, 30 cc. De la solution de carbonate de soude, 60cc. D'eau et 4 ou 5 gouttes de la solution de bromure. On versera ce mélange dans une cuvette en porcelaine ou en verre moulé ( éviter absolument les cuvettes en carton durci ou en tôle émaillée). Cette quantité est suffisante pour une glace du format 13X18. On immergera la plaque exposée de façon qu'elle soit immédiatement recouverte par le liquide, et on balancera deux ou trois fois la cuvette pour chasser les bulles d'air qui ont pu s'attacher à la plaque et qui empêcherait l'action du révélateur. On recouvre la cuvette d'un carton pour éviter que la lumière ne frappe la plaque avant que le révélateur n'ai commencé à agir. Au bout d'une minute on regardera si quelques parties de la glace commencent à noircir, c'est à dire à se développer. Quand cette effet à commencé à se produire, on peut ôter le carton pour surveiller la marche du développement. Il faut que la transformation de l'aspect de la plaque soit graduel, et assez lent pour que la valeur relative entre les parties très éclairées du sujet qui seront noires sur le cliché, avec les parties d'ombres du sujet, qui seront presque transparentes, soit conservées. Il faut de 5 à 15 minutes pour développer un cliché à fond, selon l'intensité de la lumière au moment de la pose, et aussi selon la température du révélateur, qui agit lentement quand il est ç une température au dessous de 15 degrés. Il est difficile d'indiquer le moment précis où l'on devra cesser le développement. En général, il faut que les noirs et les blancs du cliché vu par réflexion se confondent. On peut aussi le juger par transparence en retirant la plaque du bain une ou deux fois pendant le développement et le plaçant devant la lanterne. On doit cesser le développement quand l'image vue ainsi présente des détails dans les parties transparentes et que les parties les plus sombres sont presque opaques.
Arrivé à ce point, on rejette le bain révélateur dans le verre gradué, et on le remplace par de l'eau propre, afin de laver le cliché en changeant cette eau trois ou quatre fois pendant deux ou trois minutes. Si l'on a un robinet d'eau à sa disposition, on fera mieux de laver la plaque des deux cotés sous un filet d'eau courante pendant une ou deux minutes.
Ce lavage sommaire terminé, on plonge la plaque dans une autre cuvette contenant un bain de fixage, qui sert à dissoudre le bromure d'argent non réduit par le développement. On emploie pour cet usage une solution d'hyposulfite de soude à 15p.100 en été, et à 18 ou 20 p.100 en hiver. Cette solution est faite avec de l'eau ordinaire, chaude si possible, afin de dissoudre le sel plus promptement. Elle se conserve indéfiniment.
La cuvette qui sert au fixage peut être en carton noir durci ou en tôle émaillée ; si elle est en porcelaine, on doit la marquer soigneusement afin de ne pas s'en servir pour le développement. Il faut aussi qu'elle soit placée aussi loin que possible de la place ou l'on développe les plaques, car la moindre parcelle d'hydrosulfite mêlée au révélateur produit des taches sur le cliché. Cette remarque est absolue pour le développement au fer ; mais, pour le développement alcalin à l'hydroquinone ou à l'acide pyrogallique, différent auteurs pensent que le mélange n'aurait pas des inconvénients aussi sérieux.
Il faut, malgré cette opinion, avoir soin, quand on développe et fixe plusieurs plaques dans la même séance, de laver ses mains très soigneusement entre chaque opération. On évite encore mieux tout accident en ne mettant jamais la main droite dans le bain de fixage et la main gauche dans le bain révélateur. Si l'on opère avec des plaques 9X12 et 13X18 qui peuvent être tenues facilement entre les doigts d'une seule main, on arrive très vite à prendre cette habitude.
On reconnaît que le cliché est fixé quand toute trace de la couleur blanchâtre du gelatino-bromure a disparu, il vaut mieux fixer trop longtemps que pas assez. Une plaque fixée d'une façon insuffisante noircit peu à peu quand elle est exposée à la lumière blanche, et le cliché est perdu. Lorsque la plaque est fixée, on la retire du bain, on la passe sous le filet d'eau du robinet, comme il a été dit pour la plaque développée, puis on la place dans une cuve/cuvette ( mot rogné par des bestioles) en zinc à rainures, ou dans un récipient quelconque où elle puisse être complètement immergée dans de l'eau, et placée de préférence verticalement. Si l'on est obligé de laisser la plaque dans sa position horizontale pendant le lavage on fera mieux de la tourner afin que la gélatine regarde le fond de la cuvette. Dans ce cas, on exhaussera la ***e de quelques millimètres au moyen de petites ****ques de plomb ou de verre, ou de petits cailloux propres. Il faudra changer l'eau de lavage sept ou huit fois pendant les deux premières heures, après quoi on laissera séjourner les clichés dans l'eau dix heures si possible. On changera l'eau encore ou ou deux fois quelques minutes avant de retirer les plaques pour les faire sécher.
Le séchage se fait généralement sur des égouttoirs construits exprès, mais on peut très bien sécher les clichés en les appuyant presque verticalement contre un mur ou un objet quelconque. En sortant les plaques de l'eau il est utile de les essuyer soigneusement du coté du verre, afin d'enlever toute l'eau et les traces de gélatine qui a pu couler à l'envers des plaques pendant leur préparation. Il est encore utile de les tenir un instant debout, la tranche appuyée sur un papier buvard ; cette précaution sert à enlever une grande partie de l'eau, et à accélérer la dessiccation qui se fait alors dans le meilleurs conditions.
Quand les clichés sont bien secs, on lest conserve soit dans des boites à rainures, soit dans les boites en carton ou elles ont été vendues. ; il faut alors les placer la couche de gélatine en dessous en les séparant les unes des autres par une feuille de papier écolier qui rabat de quelques centimètres sur le dos de chaque plaque.
Cette causerie photographique est nécessairement incomplète, nous recommandons aux débutants désireux de connaître à fond la théorie du développement de lire, entre autre, les opuscules suivant édités à Paris par Gauthier Villard, en 1889 : Le Développement de l'image latente, par A. de la Baume-Pluvinel, ou le Traité pratique de développement, par A. Londe.
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